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Knock on Wood

mon oncle benjamin

24 Août 2009 , Rédigé par Ipsus Publié dans #Comme au CINEMA

Au XVIIIe siècle, Benjamin Rathery est un médecin de campagne pas comme les autres. Il nargue la noblesse, soigne bénévolement les pauvres et court volontiers le jupon. Un jour, sa soeur se met en tête de le marier...

Au lendemain de 1968, Jacques Brel s'était passionné pour ce personnage. Il y a du Cyrano dans Benjamin : grande gueule, mépris de l'argent, amour de la liberté. Mais un Cyrano qui aime la bonne chère et pour qui la chair est loin d'être triste.

Certains, à l'époque, ont vu de la grivoiserie dans des séquences où éclataient, en fait, une vraie santé, une salubre insolence — le moment hilarant où Bernard Blier, en caricature de vieux marquis, doit se déculotter en public.

Ces aventures nous sont contées à bride abattue, sans temps mort, et permettent de retrouver une savoureuse galerie de comédiens à trogne : Alfred Adam, Paul Préboist, Robert Dalban... Si l'on rit souvent, la paillardise se teinte aussi de mélancolie, comme dans cette très belle scène des adieux du docteur Minxit à ses amis ( voir extraits en fin d'article ).

Mon oncle Benjamin reste un des meilleurs films d'Edouard Molinaro. 

 Ce film de 1969,se revoit toujours avec plaisir,
non seulement pour Jacques Brel,mais également d'autres " absents " de nos écrans: Bernard Blier,Paul Frankeur.


Le ton,les couleurs,les dialogues ,l'impertinence
et quelques scènes cultes,comme celle de l'arête de poisson..


ou ce baiser dans la cour du chateau.

 CASTINGhttps://t.co/3hdWno3IGH
 



Par contre,on connait moins le roman de Claude TILLIER ,qui sert de base au film:

 

Éditions Le Serpent à Plumes (1996) ou 10/18 (1963)
Roman, 184 pages

  « Mon oncle Benjamin » n’est pas assez connu et réédité dans ce pays. Et pourtant, quel régal !

Ce roman fut publié en 26 feuilletons en 1842 dans L’Association, un journal démocratique de Nevers.

Claude Tillier était fils de serrurier et sa femme était sage-femme des pauvres. Il avait été surveillant dans des institutions, soldat en 1821 (il avait tiré un mauvais numéro au Conseil de Révision), instituteur, directeur d’école et journaliste. Il avait du abandonner son poste de directeur d’école à Clamecy en raison des campagnes de calomnies contre lui lancées par les notables et les ecclésiastiques du cru.
 Sa verve pamphlétaire contre cette catégorie de personnes lui avait valu un procès et une lourde amende qui fit sombrer son journal L’Association. Entre mille tracas et une maladie de poitrine qu’il l’emporta en 1844, Tillier avait rédigé de nombreux pamphlets et un roman très gai, « Mon oncle Benjamin ».

Dès la première page, l’auteur s’en prend à ces messieurs du parquet qui prétendent défendre la réputation de Dieu : « Ont-ils une procuration signée Jéhovah qui les autorise ?
Croyez-vous qu’il soit bien content quand la police correctionnelle lui prend dans la main son tonnerre et en foudroie brutalement des malheureux, pour un délit de quelques syllabes ? »
 Un esprit irrespectueux digne de Voltaire ou de Diderot va ensuite frapper jusqu’à la dernière page.

L’histoire se déroule sous l’Ancien régime à l’époque de Louis XVI.
 Le présumé oncle Benjamin de l’auteur est le frère cadet de sa grand-mère.
Ce Benjamin Rathery est médecin de son état, célibataire, de très haute stature et profondément endetté.
Son palais est aussi raffiné que son esprit. Son gosier est toujours prêt à accueillir le contenu d’une bonne bouteille de vin.
A condition que ce soit en bonne compagnie. Benjamin est un philosophe qui applique ses principes de bon vivant avec une bonne humeur quasi inaltérable et une insolence redoutable.
Toutes les circonstances sont bonnes pour le voir se lancer dans des facéties, des digressions et des paradoxes étincelants : « Toute la cité s’apitoie sur le sort d’un innocent qui monte à l’échafaud […] Mais combien d’innocents périssent dans vos fleuves, sur vos grands chemins, dans le creux de vos mines, et jusque dans vos ateliers, broyés sous la dent féroce de vos machines […] Cependant, leur mort vous arrache à peine une exclamation ; vous passez, et, quelques pas plus loin vous n’y pensez plus. »

L’oncle Benjamin a aussi de grandes colères contre les rois et les nobles : « - Mais dis-moi, peuple imbécile, quelle valeur trouves-tu donc aux deux lettres que ces gens-là mettent devant leur nom ?
Ajoutent-elles un pouce à leur taille ? Ont-ils plus de fer que toi dans le sang, plus de moelle cérébrale dans la boîte osseuse de leur tête ? […]
 Il est impossible que vingt millions d’hommes consentent toujours à n’être rien dans l’État, pour que quelques milliers de courtisans soient quelque chose ; quiconque a semé des privilèges doit recueillir les révolutions. » Que nos privilégiés actuels se le tiennent pour dit.

L’oncle Benjamin s’emporte contre les mariages arrangés par les parents :
 « Ils ne savent pas ce que c’est pour une femme qu’un mari qu’elle n’aime pas […]
Quelques-unes se laissent mourir à la peine, d’autres vont chercher ailleurs l’amour qu’elles ne peuvent se procurer avec l’homme auquel on les a attachées.
Celles-ci lui glissent doucettement une pincée d’arsenic dans son potage et font écrire sur sa tombe qu’il laisse une veuve inconsolable. ». Benjamin a une personnalité généreuse : « Rien n’est plus ridicule que de mettre votre manière de sentir à la place de celle d’un autre : c’est vouloir substituer votre organisation à la sienne. ».
Il ne lèverait pas le petit doigt pour s’enrichir mais il se révèle promptement homme d’action pour ridiculiser un commerçant, un bailli ou un gentilhomme.


Il serait dommage de dire quoi que ce soit de l’intrigue, si ce n’est qu’elle est excellemment agencée. Quant au style, il est la fois léger et bondissant.

http://culture.revolution.free.fr/critiques/Claude_Tillier-Mon_oncle_Benjamin.html

 

 

L'oncle Benjamin est un coq gaulois qui chante, danse et boit comme un évier au crépuscule d'une révolution qu'il ne verra pas se lever. Nous sommes en 1780, il est médecin de campagne et ne propose à ses patients sans le sou qu'un remède (le seul qui vaille ?) : la joie, par le bon vin.

Sa devise ? "La gaîté du pauvre est une sorte d'orgueil." Ses ennemis ? Les puissants et les vaniteux. Alors, avec ses amis, ses patients et quiconque a le goût du jus de sarment, il entretient la flemme, pour qu'elle pétille toujours.

Bien sûr, il n'a pas lu l'Encyclopédie ni Jacques le Fataliste, mais apparemment, ces quelques vers de La Fontaine ne lui ont pas échappé : "Mon oracle est Bacchus quand j'ai quelques soucis. Et ma sibylle est la bouteille." Ivrogne ? Plutôt deux fois qu'une - "il avait un estomac plein d'élévation et de noblesse", dit le neveu -, et alors ? Un homme à jeun n'est-il pas un homme endormi ? Ah ! Pour sûr, l'oncle Benjamin, lui, fut toujours bien réveillé. Adapté au cinéma en 1969 par Édouard Molinaro (avec Brel dans le rôle-titre, magique...), Mon oncle Benjaminest sans doute le plus original (et le plus joyeux) des classiques.

Les adieux du docteur Minxit à ses amis :                                                                 

le passage du déjeuner m'ayant inspiré

 est vers la fin > 1h25 

                           je l'ai retrouvé en streaming et rajouté  ci-dessus 

Dr.Minxit : " je ne veux pas que ma mort soit pleurée ....

vous porterez une rose à votre habit " 

...mon oraison funèbre.....

J.BREL

" celui que nous laissons sous ce feuillage , laisse après lui,d'unanimes regrêts" ...

" il a vécu en philosophe ,jouissant de la vie et en faisant jouir,tous ceux qu'il aimait et il est mort de même ,à la suite d'un grand festin,entouré de ses amis "

" Passants,jetez une fleur sur sa tombe".

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