dans la Maison ou le Garçon du dernier rang ?
Ce film de 2012 est parfois déroutant , tantôt symbole d'une époque révolue , par son côté "littéraire" et souvent très contemporain, comme ce retour à l'Uniforme au Lycée
Evidemment Fabrice Luchini est " dans son élément ",sans en faire trop
Le goùt de lire est valorisé , mais c'est surtout l'ECRITURE qui retient notre attention ,par le style, l'imaginaire, comment motiver le lecteur , à partir de la banalité du quotidien et,selon l'âge des personages ,quelles sont leurs attentes ?
le "voyeurisme " reste discret ,dans l'air du temps....
l'absence de telephones portables et de violence gratuite , ainsi que le rythme de l'intrigue,car il y en a une, permet de s'y projeter de manière intemporelle
" une intense stimulation que seul permet le romanesque lorsqu’il vient perturber le cours sinistre du quotidien."
Si elles ne tombaient pas sous l’oeil avisé de l’auteur ou l’autrice, les scènes de la vie quotidienne resteraient à jamais triviales.
Il faut une certaine sensibilité pour y trouver un peu de magie, et beaucoup de talent pour réussir à l’exprimer.
C’est la rentrée pour Germain Germain (Fabrice Luchini), prof de Français au lycée Flaubert. Une rentrée pas comme les autres puisque le proviseur (Jean-François Balmer) a une annonce à faire.
Mes chers collègues nous allons pouvoir commencer… Vous avez reçu un courrier vous annonçant la grande nouveauté de cette rentrée. Nous ne sommes plus un lycée classique, nous sommes un lycée pilote et cela doit être une fierté. (…) L’uniforme est un symbole audacieux qui mettra les apprenants sur un pied d’égalité.
Une annonce qui ne semble pas sortir Germain de sa torpeur.
J’ai de plus en plus l’impression d’être devant un troupeau de moutons…
Germain décide de suivre sa pépite avec attention. Il multiplie les heures supplémentaires pour accompagner Claude dans l’histoire de cette famille normale et travailler la narration.
Arrête de penser à mes désirs, pense à toi, pense à ce qui t’excite. (…) on se croirait dans un mauvais vaudeville!
C’est alors que la fiction se heurte à la réalité. Jeanne remarque que son couple figure également dans le récit.
Est-ce que tu peux m’expliquer ce que l’on vient faire dans cette histoire ?
Le cinéaste semble faire son autoportrait à travers le personnage de Claude, un lycéen de 16 ans fasciné par la famille d'un camarade.
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Germain retrouve Claude sur un banc. Tous les deux continuent de contempler la vie de gens ordinaires et s’imaginer des scénarios.
Il avait tout perdu mais j’étais là à ses côtés, prêt à lui raconter un nouvelle histoire. À suivre…
l’acharnement de Claude à façonner la réalité au gré de ses fantasmes, son ambivalence face aux êtres à qui il donne une seconde vie en en faisant des personnages, tout ça rappelle furieusement François Ozon.
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Claude est donc élève de 2de au lycée Gustave-Flaubert, dans une banlieue indéfinie. Et le professeur Germain Germain (Fabrice Luchini) se trouve face à une classe d’une médiocrité uniforme. Tous les jeunes sont des veaux, soupire-t-il auprès de son épouse, Jeanne la galeriste (Kristin Scott Thomas). Tous ? Sauf un, Claude Garcia (Ernst Umhauer), qui, à l’injonction « Racontez votre week-end », répond par le récit d’une intrusion frauduleuse au domicile d’un de ses camarades, qu’il termine par un « à suivre » aguicheur.
La première fois que Fabrice Luchini lit un texte de son élève, on n’entend que la voix formidablement évocatrice du lecteur. Mais, dès le second épisode, Ozon met en scène les aventures de Claude. C’est en tant qu’acheteur d’un billet pour Dans la maison qu’on est entré dans l’intérieur de Germain et Jeanne, dans la salle de classe du lycée Flaubert. C’est comme lecteur des copies de Claude qu’on découvre un autre intérieur, qu’Ozon filme de façon à laisser planer un léger doute quant à sa réalité.
Un labyrinthe de miroirs
Issu d’une famille misérable que l’on ne fera qu’entrevoir, Claude s’est pris de fascination pour une famille « normale », celle de son camarade Raphaël Argol, baptisée « les Rapha », puisque le père a donné son prénom à son fils. Dès son premier texte, Claude a évoqué « le parfum de femme de la classe moyenne » qu’exhale Esther (Emmanuelle Seigner), la mère de Rapha.
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François Ozon construit ainsi un labyrinthe de miroirs : les séquences dans la maison des Rapha sont soumises à la critique de Germain Germain. Bientôt, Claude amende ses textes en fonction, et Ozon les remet en scène.
La vérité des faits laisse place à une infinité de possibles : est-ce Rapha qui est amoureux de Claude, ou ce dernier qui désire Esther ? Germain s’est-il pris d’une affection érotique pour son élève, ou cherche-t-il un fils de substitution ?
Ces problèmes capitaux sont traités avec une ironie légère et cruelle.
Ozon a trouvé en Ernst Umhauer un de ces rares acteurs adolescents qui peuvent inquiéter sans terroriser.
Avec Kristin Scott Thomas, impeccable en épouse presque revêche, ils contiennent les débordements de Fabrice Luchini.
Si bien que le professeur devient un monstre très humain, baladé par cet élève qui est devenu son maître.
Ozon réussit l’exploit de démonter le jouet de la fiction sans en briser le moteur : l’émotion.
Tout le casting du film Dans la maison
Retrouvez tout le casting du film Dans la maison réalisé par François Ozon avec Fabrice Luchini, Ernst Umhauer, Kristin Scott Thomas
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Les secrets de tournage du film Dans la maison
Découvrez les anecdotes, potins, voire secrets inavouables autour du film "Dans la maison" et de son tournage. Adaptation : Le film Dans la maison est librement adapté de la pièce espagnole de Juan
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Le film Dans la maison est librement adapté de la pièce espagnole de Juan Mayorga, intitulée Le Garçon du dernier rang.
A ce sujet, le cinéaste François Ozon déclare : "Dès que j’ai lu la pièce, j’ai senti ce potentiel de pouvoir parler indirectement de mon travail, du cinéma, d’où vient l’inspiration, de ce qu’est un créateur, un spectateur".
Selon lui, cette œuvre littéraire présentait également un intérêt tout particulier dans la mesure où son auteur opérait dans son récit un basculement du point de vue prof/élève tout en alternant entre réalité et fiction. Cependant, Ozon a choisi de modifier le titre qui, d'après lui, se focalisait trop sur une seule problématique.
En choisissant d'adapter une pièce de théâtre au cinéma, François Ozon s'est retrouvé en butte à quelques difficultés : il a ainsi élagué les dialogues pour les rendre plus naturels et a fait en sorte d'ancrer son récit dans une réalité spatio-temporelle qui n'existait pas dans l’œuvre de départ.
Par ailleurs, le récit, qui prend place en milieu scolaire, décrit l'enseignement comme une profession ingrate où tous les élèves seraient devenus des moutons.
Pour illustrer cette idée, le réalisateur a d'abord pensé tourner son film au Royaume-Uni, où les élèves portent des uniformes, mais cela nécessitait trop de temps et entraînait bon nombre de complications, ce qui a finalement poussé le cinéaste à situer son action dans un lycée pilote, qui expérimente le retour à l'uniforme en France.
Alors que François Ozon a parfois été tenté de faire virer son film au thriller ou au drame policier, il a finalement préféré laisser la place à la normalité dans son récit.
Il déclare même s'être lancé le défi "de rendre passionnante cette normalité". Pour ce faire, il a construit son scénario de telle sorte que le spectateur y participe à sa façon tout en opérant un travail d'ellipse sur le montage, censé renforcer l'impression de flou entre le réel et la fiction.
Il affirme : "L’idée était de rendre extraordinaires ces choses banales par la manière de les raconter et de les filmer, de faire monter la tension par la mise en scène (...), de jouer sur la confusion entre le réel et la fiction."
Le film, qui traite de l'enseignement et de l’Éducation nationale, se penche sur un sujet qui n'est pas étranger à François Ozon, bien au contraire : ses parents étaient tous les deux professeurs, ce qui amène le cinéaste à déclarer : "Je connais la corvée des corrections de copies le week-end, les élèves préférés, les tensions avec la direction… Je maîtrisais le sujet, je savais comment parler des états d’âme des professeurs, de leurs déprimes, des consignes parfois aberrantes de l’Éducation nationale, comme la correction au stylo rouge parce qu’elle serait anxiogène pour l'élève."
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Selon Kristin Scott Thomas, Dans la maison aborde également le thème du voyeurisme, de plus en plus prégnant dans notre société :
"[Mon personnage] est dans une attitude très voyeuriste envers la famille Rapha. Son attitude est très actuelle, on a tous une grande curiosité vis-à-vis de la vie des autres, il n’y a qu’à voir le succès de la presse people", déclare l'actrice.
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Un professeur de lettres, fatigué des rédactions idiotes rédigées par des élèves incultes, découvre avec plaisir les qualités littéraires d'un de ses élèves. Intrigué, il tente de l'aid...
Tout cela fonctionne, principalement grâce à l'imagination même du spectateur, qui va plus vite qu'un récit dont le faux rythme déroute de manière jouissive. Divinement bien écrit, le film a récolté non seulement le prix du scénario au dernier Festival de San Sebastian, mais également la Coquille d'or (concha de oro), récompense suprême. Son quintette d'acteurs fait des merveilles. Fabrice Luchini, légèrement hautain, perd peu à peu le contrôle de sa supposée création, tel un docteur Frankenstein littérraire. Kristin Scott Thomas, interprète brillamment une femme au foyer insatisfaite dont la galerie d'art bat de l'aile... et que seule une expo provoc pourra redorer le blason. Ernst Umhauer, au dessein trouble, incarne parfaitement un manipulateur aux élans naïfs. Denis Ménochet (vu cet été dans le formidable « Je me suis fait tout petit ») en père aimant, est prêt à tout pour protéger son fils de toute humiliation. Quant à Emmanuelle Seigner, elle joue une sorte de Madame Bovary, version banlieusarde au foyer. Un délice pour l'intellect comme pour les nerfs.
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Le cinéma est vraisemblablement l'art le plus encombré par tout ce qui ne relève pas de son fonctionnement propre. Ses amoureux l'aimeraient soucieux de
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C’est donc l’histoire lumineuse d’un professeur de littérature qui se prend au jeu de la perversion à force de s’amuser à vivre à travers les écrits du plus talentueux de ses élèves, lui-même suffisamment tordu pour n’avoir qu’un désir : s’introduire dans la famille d’un de ses camarades de classe.
Pourquoi la classe moyenne ?
Parce que le « technicien en chef » est fasciné par l’idée qu’il s’en fait, ou plutôt, par l’idée qu’il se fait de son archétype.
Une idée d’idée, c’est à cette distance-là que le récit se tient du réel durant près de deux heures.
Cela explique aussi que le professeur soit bien sûr un écrivain raté et que le camarade en question soit bien sûr un homosexuel refoulé.
Évidemment, ce trait grossier qui fait office de prise de position critique et ironique sur la société explique que l’on puisse rire de cette femme qui s’ennuie dès qu’elle ne lit plus son magazine de décoration ; de cet homme qui s’inquiète dès qu’il ne parle plus à son enfant comme on trinque avec un pote de troisième mi-temps.
Mais c’est un rire d’indigné : on nous suggère que l’esprit de Madame Bovary serait convié au récit et on la retrouve atone chez des beaufs, égarée sur un canapé. Flaubert au casting, un récit dans le récit : attention mesdames et messieurs, ce film se veut Art Poétique. Sauf que la création pour Ozon, ultime signe que le récit y trône sans partage, c’est seulement le pitch du manipulateur-manipulé, trouvé dans un manuel de scénario pour première année.
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