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Knock on Wood

Madame CLAUDE ( revisitée en 2021 )

1 Avril 2021 , Rédigé par Ipsus Publié dans #Comme au CINEMA

Madame Claude n'est pas un film historique , mais une fiction,partant de faits réels et recréant l'ambiance d'une époque 

Il n'y a pas d'images chocs et certains commentateurs comparent avec 2 films similaires + anciens,traités différemment 

Il y a au moins un point important,vu l'époque balayée : c'est avant et apres 1968 , puisqu'un des personnages dit ( en 1972 ) qu'il n'y a plus besoin de prostitution,avec la libération sexuelle et que personne ne voudra plus payer ......son interlocutrice écoute celà avec scepticisme et on restera au XXé siècle dans le film

« Pour elle, le monde se partage entre des hommes puissants qui ne pensent qu'au sexe et des femmes jeunes qui rêvent de luxe. »

Mai 1968 va venir pondérer cette philosophie mais n'entachera pas sa prospérité. Du moins pas tout de suite.

J'ai mis des extraits de critiques journalistiques : certains critiquent le film plus par ideologie, car l'esthétique y est soignée , comme le choix des musiques 

C'est Libé qui en fait presque une analyse littéraire , bien loin des polémiques actuelles sur le FEMINISME 

En effet,il faut voir ce film dans le contexte " machiste" d'une époque , mais vers la fin,on voit tout de même que le monde change, sauf Mme Claude ,plutôt désabusée 

Vu le Casting il n'y a pas de problème de parité : les femmes sont largement représentées, s'expriment, mais subissent aussi : tout celà a t'il disparu en 2021 ? 

 

Ce n'est peut être pas un hasard si ce film sait montrer différentes facettes d'une même situation, car la Realisatrice / Scénariste est une femme , qui ne tombe pas dans la caricature,quand elle filme le mauvais comportement de certains hommes

En celà elle est + crédible que nos féministes dogmatiques faisant du tort à leur cause 

Ce film peut distraire,tout en suscitant la reflexion , car on ne nous force pas à adhérer à des slogans ,mais les images ou les émotions des personnages sont bien dosées .

Madame CLAUDE ( revisitée en  2021 )

Il y a un mystère Madame Claude. Célèbre pour avoir été, dans les années 1960 et 1970, à la tête d’un réseau de prostitution ayant pour clients des hommes politiques, des diplomates et des dignitaires étrangers, Fernande Grudet s’était réinventée une vie dans une biographie sortie en 1975 « Allô, oui ou les mémoires de Madame Claude ». 

 film de Sylvie Verheyde, diffusé sur netflix à cause du Covid

Il y est question de l’affaire Markovic.

C’était une France qui roulait en Porsche ou en Alfa Romeo

 

il y a des chansons de : Nicoletta ,Sylvie Vartan & Françoise Hardy

( que je mettrai en fin d'article / YouTube )

 

 La prospérité de l’entreprise de Madame Claude a coïncidé avec une époque, celle des Trente glorieuses, qui a vu naître la société de consommation et la liberté sexuelle sans que les droits des femmes ne progressent pour autant.

 Fernande Grudet, de son vrai nom, est née en 1923 à Angers, où son père tient un bistrot. Devenue mère célibataire, elle s’installe très vite à Paris, prend le pseudonyme de Claude, un prénom au genre indéterminé qui manifeste déjà son envie de se mesurer aux hommes. Elle fréquente les milieux du banditisme et de la prostitution et, à la fin des années 1950, crée sa propre entreprise de prostitution de luxe, qui se développe grâce au téléphone, et prélève 30 % sur les prestations sexuelles de « ses filles ». Pendant vingt ans, elle règne sur un réseau de 150 filles, qu’elle forme, habille, éduque, principalement des jeunes femmes qui n’ont pas réussi dans le mannequinat ou le cinéma. « Deux choses marchent dans la vie, la bouffe et le sexe. Je n’étais pas douée pour la cuisine », aimait à dire cette reine de la communication lorsqu’elle était interviewée.

À partir de 1976, avec l’arrivée de Valéry Giscard d’Estaing au pouvoir, la donne change. Le proxénétisme est sévèrement réprimé. Madame Claude, condamnée par le fisc à payer onze millions de francs qu’elle ne possède pas, part en Suisse, se marie pour obtenir la nationalité, puis s’enfuit aux États-Unis. Elle ouvre une pâtisserie à Los Angeles, se marie à nouveau pour obtenir la carte verte, est dénoncée par les services de l’immigration américaine avant de l’avoir obtenue, rentre en France, purge une peine de quatre mois de prison, vend des jeans rue Dauphine, à Paris, et recrée en 1991 un nouveau réseau qui sera démantelé un an plus tard. À nouveau condamnée, elle est incarcérée à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. À partir de 2000, elle vit seule dans un petit appartement de la Côte d’Azur et meurt à 92 ans en 2015, à l’hôpital de Nice.

 

réputé pour son " choc des photos " a su retrouver des photos d'époque ( comme ci-dessous ) et d'autres que j'ai reprises pour illustrer cet article ,entre la réalité & la fiction 

ci-dessus c'est la vraie en 1992 avec son avocat ( connu depuis )

ci-dessus c'est la vraie en 1992 avec son avocat ( connu depuis )

Comment avez-vous construit ce personnage complexe ?
Sylvie a fait beaucoup de recherches, et moi, j’ai tout regardé, tout lu. A partir de là, nous ne voulions pas que je fasse une imitation. Sylvie voulait traiter sa part d’ombre, son rapport à la féminité… Je me suis donc concentrée sur ses émotions. Après, quand on a rencontré des gens qui l’avaient connue, on s’est rendu compte que ce que nous avions écrit collait à la réalité.
C’est une autre époque, si l’on compare avec aujourd’hui et tout ce qui est lié au consentement, non ?
C’est intéressant. Nous n’avons pas fait ce film, qui ne revendique rien, pour cela. Mais, en filigrane, il dénonce le pouvoir qu’avaient alors les hommes sur les femmes. Tout est dit lorsqu’elle raconte qu’elle a été victime d’abus sexuels très jeune dans sa famille. Ça va totalement influer sur son rapport au corps, aux hommes, son envie de prendre le pouvoir sur eux et « les baiser de l’intérieur », comme elle le dit.
Est-ce que c’est quelqu’un que vous avez aimé ?
En tout cas, je l’ai ressentie. Et il m’est arrivé un truc incroyable le dernier jour de tournage. Le coiffeur de Madame Claude pendant vingt ans, la personne la plus proche d’elle lors de ses dernières années, est venu me parler d’elle. J’étais au bout du rôle, je pleurais. Puis il m’a fait un cadeau : son body en dentelle et sa broche en or fétiche. J’ai pleuré à nouveau, en me disant : « Mais elle est là ou quoi ? »
Avez-vous rencontré ses anciennes call-girls, ses anciens clients ?

 

Non, mais j'ai discuté avec Martine Monteil, la commissaire qui l'a arrêtée en 1992, ainsi qu'avec deux hommes dont elle était proche à la fin de sa vie. Tous décrivent une très forte personnalité qui était fière de sa renommée. Elle n'a jamais dénoncé personne, elle a gardé ses secrets.
Vos filles, Gina, 19 ans, et Barbara, 24 ans, jouent à vos côtés.
La première incarne la fille de Madame Claude, la seconde apparaît en tant que call-girl… Etait-ce difficile de leur donner la réplique ?
J'avais à cœur d'être à 100 % dans mon jeu, pour qu'elles ressentent l'émotion la plus sincère. Une scène s'est révélée très dure : celle où le personnage de Gina m'annonce être enceinte. Sans nous concerter, nous nous sommes mises à pleurer, c'était instinctif. J'étais bouleversée.

. Elle était réputée pour conserver des documents sur ces clients.

Construit comme un polar, le film flirte avec le cinéma d’espionnage pour faire comprendre la grandeur puis la décadence d’une femme qui a exploité le patriarcat comme elle a été utilisée par lui.

Il y a beaucoup d’humanité dans le portrait de Madame Claude que brosse Sylvie Verheyde.

Une histoire de femmes

Le mythe a la vie dure. « Pour ma mère, Madame Claude représentait un exemple féminin de réussite sociale, qui avait trouvé́ le moyen de prendre le pouvoir sur les hommes », insiste la cinéaste. C’est donc une réflexion sur la condition féminine qu’elle offre avec ce biopic passionnant qu’elle décrit comme « basée sur des faits réels s’inspirant de la vie imaginée de Fernande Grudet, dite Madame Claude » dès les premières images. Sylvie Verheyde s’est livrée à de copieuses recherches sur Madame Claude qui aimait prendre des libertés avec la réalité pour se créer une vie d’aventurière. La réalisatrice a revu la légende à son tour. Avec, notamment, l’intrusion d’une jeune femme émancipée (superbe Garance Marillier découverte dans Grave de Julie Ducournau) qui bouleverse la vie de cette « patronne » caparaçonnée dans sa solitude.

Un voyou au féminin

La réalisatrice n’angélise pas son sujet. La proxénète considérait ses « filles » comme des propriétés de rapport pouvant être tabassées par des « amis » car le mot « client » était interdit. « Comme tous les antihéros des films noirs, elle dit quelque chose de la société, estime la cinéaste et dans le même temps, on ne peut pas valider ce qu’elle fait. » Loin de glorifier la prostitution, le film montre la lutte pour la survie d’une femme contrainte à la dureté par sa condition. Le sexe est la seule arme dont elle dispose pour s’imposer dans une société patriarcale. Mais il n’est jamais montré de façon érotique. « Elles ne font pas l’amour, elles bossent », martèle Sylvie Verheyde.

Madame Claude, sa présence en porte-à-faux extrême, oppose deux films qui près de deux heures durant cohabitent et se défient, l’ancien (côté pouvoir des hommes) et le nouveau (côté révolte des femmes), se mesurent l’un à l’autre et se rentrent dedans. Passation des pouvoirs en miroir entre deux femmes, la maquerelle Claude et sa chouchoute Sidonie (Garance Marillier, découverte dans Grave), deux générations. La puissance de leur lien et la force d’évocation qui court pour l’essentiel sur une décennie, de la florissante 1968 et ses «call girls» dont elle fut pour ainsi dire l’inventrice - prise de rendez-vous téléphonique et service à domicile - à sa fuite en Amérique en 1977, plus un grand et bel épilogue en pointillé, tient à ce que la transmission entre la maman et la putain signe l’échec irrémédiable de l’aînée, la Madame Claude du titre et de tout ce qu’elle représente, a représenté et a cru, froidement, drapée de cynisme et d’orgueil mystifié. L’échec de la «politique» de Madame Claude («baiser les hommes en prenant leur pouvoir de l’intérieur») est même la condition à l’amour irraisonné, donc la révolte, de la jeune Sidonie. Madame s’est juré de renoncer à l’amour (hors ce souvenir d’enfance d’une chèvre pour meilleure amie) 

ce  film conte l’histoire de «je t’aime» prononcés, balancés à de décisives reprises et différemment décochés selon qu’on veut entendre les mots fatidiques ou qu’on ne veut rien écouter.

Madame CLAUDE ( revisitée en  2021 )
Madame CLAUDE ( revisitée en  2021 )
Madame CLAUDE ( revisitée en  2021 )
Madame CLAUDE ( revisitée en  2021 )

 

« Arrêtez de dire que je travaille dans la prostitution, s'énervait-elle à nouveau tout rouge. Je ne contrains ni ne violente personne, je ne vole pas ma commission ! J'opère un échange de services, point !» C'est clair ?

Madame CLAUDE ( revisitée en  2021 )
..... LES CONFESSIONS DE MME CLAUDE_TF1 1993. Extrait du documentaire
Madame CLAUDE ( revisitée en  2021 )
Madame CLAUDE ( revisitée en  2021 )
Madame CLAUDE ( revisitée en  2021 )

-  Son slogan : « Rendre le vice joli. » 

- Son objectif est clair : « J'ai compris très tôt que la plupart des hommes nous traitent comme des putes. Alors, j'ai décidé d'être la reine des putes. »

 

 MUSIQUES du Film de 2021 👇

...................... Version de 1965 à 1h00 dans le film ( 2021 )
.................à 1h08 dans le film ( 2021 )
..... c'est cette version sonore qu'on entend à la fin du film ( 2021 ) et pas des reprises + récentes de Sylvie Vartan
.................devant le sapin de Noel à 1h18 du film ( 2021 )
...................version de 1965
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