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Knock on Wood

les Dimanches de Ville d'Avray ( Sundays and Cybele )

1 Avril 2021 , Rédigé par Ipsus Publié dans #Comme au CINEMA

Oeuvre dèlicate signèe Serge Bourguignon et adaptèe d'un roman de Bernard Eschasseriaux pour un film qui met en scène la tendre complicitè entre un ex-pilote devenu amnèsique et une orpheline de dix ans vivant chez les sœurs, et à qui il rend visite tous les dimanches en se faisant passer pour son père!

Mais une relation qui va susciter le scandale au vu de sa singularitè et de leur diffèrence d'âge.

"Les dimanches de Ville d'Avray" n'a pourtant rien d'un film ouvertement provocateur parce qu'il èvite le double piège du moralisme et du sensationnalisme par la simple limpiditè de l'ècriture de ses personnages!

 

D'un côtè, un adulte retombè en adolescence, de l'autre une petite fille forcèe à grandir trop tôt et trop vite après la disparition prèmaturèe de ses parents!

Mais la force de ce film est aussi de placer le spectateur face à ses propres tabous et d'entrouvrir la porte sur toute une ribambelle de questions d'ordre morale et sociale dans des cadrages très recherchès!

Dans la France de ses dèbuts des annèes 60, nous sommes loin de la libèration des moeurs des seventies! Et cette amitiè tendre et fusionnelle entre une enfant et un adulte, faite de caresses et de baisers pourtant pudique, dèrange!

Le succès populaire aux Etats Unis permet au mètrage de remporter l'Oscar du meilleur film ètranger et permit par ricochet sa sortie dans les salles françaises pour se transformer en un joli succès public!

Un film d'une simplicitè èvidente jouè de façon crèdible par Hardy Krüger et la jeune Patricia Gozzi avec un somptueux adagio pour orgue et orchestre d' Albinoni quand Kruger se balade avec la gamine aux abords de l'ètang...juste magnifique!

On signalera une très belle photographie à l'ècoute de la nature notamment quand les deux protagonistes se trouvent près de l'ètang! 

n'ayant pas trouvé de version streaming en français, j'ai ajouté cette version allemande 👇

.....version allemande ( extrait de 1h22 mn sur 1h50mn du film )
.............En février 1963, Frank Sinatra remet l'oscar du meilleur film étranger à Serge Bourguignon. Et les portes de Hollywood s'ouvrent devant ce réalisateur de 34 ans _ on peut passer l'introduction et aller à la 2e minute Oscar® for Foreign Language Film to France for "Sundays and Cybele" at the 35th Academy Awards in 1963.
..................scène symbolique où elle l'appelle Papa, première complicité, pour pouvoir sortir le dimanche de l'orphelinat
.................. des RONDS dans l'EAU et suite de la ballade autour du LAC de Ville d'Avray

Serge Bourguignon avec Cybèle ou les dimanches de ville d’Avray (1962) aborde frontalement le thème des relations amoureuses entre un adulte et 1 enfant :

un ancien militaire âgé de 30 ans à la recherche de son identité, amnésique et traumatisé de guerre, rencontre une jeune fille de 11 ans abandonnée par son père et confiée à l’assistance publique. Se noue entre eux une relation d’amour dans l’ignorance du sexe

 Le film de Bourguignon est une ode poétique à la sexualité primaire (non génitale) décrite par Freud il ne parle que d’amour et l’acte sexuel n’est supposé que de manière allusive dans l’esprit malveillant des adultes.

Ce récit poétique et désespéré des amours chastes de 2 enfants perdus fait débat à sa sortie et tombe lentement dans l’oubli7, ignoré par une partie de la critique française le film est oscarisé aux Etats-Unis et doublement récompensé au festival de Venise. 

Lacan cite brièvement le film dans son séminaire.

Le regard de Bourguignon sur cette passion amoureuse « hors-sexe » entre deux êtres blessés, hors du temps et du monde, est si éloigné de l’abord actuel de l’amour entre adulte et enfant qui se focalise sur l’aspect sexuel (génital) et sur le traumatisme, qu’il est difficile aujourd’hui de regarder ce film sans arrière-pensée et avec une certaine méfiance.

C’est sans doute ce qui rend ce film si étrange, singulier et original.

...............avec l ADAGIO d'ALBINONI en Musique de fond
-.......-- dans cet entretien, Patricia Gozzi explique comment elle a obtenu le rôle quand elle etait tres jeune; elle joua dans d'autres films,comme Leon Morin prêtre avec Belmondo
................l'arrivee de la bonne soeur en SOLEX, au début de cette séquence : encore 1 symbole de l'époque ( 1962 ) ensuite elle a peur d'être abandonnée et est jalouse de sa copine et lui dit : " Madeleine,c'est ta femme ? "NON ..." menteur,pourquoi elle t'a embrassé comme çà ?"
..............l'ARBRE de NOEL et les grandes BOUGIES puis les 2 coupes de CHAMPAGNE

 Ces deux-là malgré la différence d’âge ont tout qui les rapproche notamment un immense sentiment d’abandon doublé d'une perte d’identité.

Cet homme sans passé, joué par un Hardy Krüger magnifique, s'illusionne en imaginant qu’en se replongeant dans le monde de l’enfance il n’aura plus à poursuivre cette lutte vaine et sans merci pour retrouver son identité, point d’ancrage obligé pour se faire à nouveau une place parmi les adultes .

 

Les intentions ont beau être innocentes, l’ancien aviateur ne pourra faire le chemin à rebours car la petite adolescente qui sommeille dans le corps de Cybèle dite Françoise a bien compris l’ordre des choses et finit par troubler les sens de son compagnon de jeu dominical.

S’il laisse au final le libre arbitre au spectateur, Bourguignon semble bien lui montrer que ce type de relation est un exercice à haut risque car ne pouvant jamais se dérouler sur un pied d’égalité; il conduit souvent à la confusion des genres 

        https://t.co/TgyF5MLx3j?amp=1

La première chose qui saute aux yeux, c’est à quel point la jeune actrice rayonne tout au long du film.

Ce n’est pas une de ces enfants stars qu’on manipule comme une marionnette, reproduisant à envie ce qu’on leur demande de manière un peu trop désincarnée. Malgré l’intonation très enfantine qui en agacerait plus d’un, elle joue comme les adultes, avec la précision des adultes… et leurs libertés.

les dialogues sont écrits et elle les dit avec une grande justesse, On serait plutôt plus près du réalisme poétique de Carné-Prévert. Et le sens poétique, elle l’a

 Le scénario use parfaitement des ellipses tout au long du récit pour éviter dialogues et séquences inutiles. La présentation des personnages se fait naturellement, sans forcer, comme n’importe quelle rencontre fortuite où on évite d’assaillir son interlocuteur de questions pour le découvrir. 

 Ce qui compte, c’est bien la situation présente, de deux être échoués et rebelles qui par le plus grand des hasards se sont rencontrés.

 Des mouvements de caméra bien pensés, de magnifiques fondus-enchaînés ; et puis, ce choix de se concentrer uniquement sur ces deux personnages au point parfois de se désintéresser totalement du reste comme dans cette scène dans un café où les deux protagonistes sont les seuls clients, perdus dans l’obscurité, comme dans un rêve…

On est dans les années 60 et ce film n’est clairement pas un film de la nouvelle vague ou un film populaire. Et bien sûr, oui, le sujet peut faire peur. Il questionne pourtant ce qu’est l’amour. Pour soi, on est toujours prêts à croire aux amours platoniques ; mais quand il s’agit des autres, on se fait naturellement plus suspicieux. Le film questionne donc sur notre regard qu’on porte aux autres, à la sexualité des autres (peut-être croire encore une fois à un amour platonique entre une gamine et un ancien soldat ?)

Tout du long, le spectateur est tenu sur une corde et mis au défi, non pas de sauter, mais de les juger. C’est plutôt évident : « Vous voulez juger cet homme que vous connaissez à peine ? vous le condamneriez pour quelque chose qu’il n’a pas encore fait ? le croyez-vous réellement capable de faire ce que vous seul avez en tête ? réfléchissez, la gamine est-elle en danger avec lui ? le doute, le… principe de précaution, justifie-t-il qu’on les sépare ? » On tangue, on cherche un équilibre sur cette corde

............pour les raisons indiquées précédemment, les américains se sont plus intéressés au film que les français, d'où cette interview de Serge Bourguignon

 Repéré dans les jeunesses hitlériennes pour son physique de parfait aryen, Krüger débute dans le cinéma de propagande.

Cependant, écoeuré par le régime nazi, il refuse de combattre. Condamné à mort, il aurait été gracié par un supérieur sensible à sa beauté. Après la guerre, son sourire juvénile invente sur les ruines une nouvelle jeunesse allemande.

En France, on le retrouve dans, « Les Dimanches à Ville-d'Avray », « Un taxi pour Tobruk » ou « La Grande Sauterelle ».

Hardy Krüger, qui avait fui le nazisme, incarnera près de dix officiers SS au cinéma !

Tombé amoureux de l'Afrique sur le tournage de « Hatari ! », il s'installe aux pieds du Kilimandjaro.

Et, en 1975, Kubrick lui offre le beau rôle du redoutable Prussien de « Barry Lyndon ». Passionné d'aviation, l'acteur vole aujourd'hui vers ses 93 ans

2015

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