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Knock on Wood

RWANDA ( 1994 - 2021 ) : que s'est il vraiment passé en 1994 ? Which Responsibilities’ over Rwanda Genocide ?

11 Mai 2021 , Rédigé par Ipsus Publié dans #GEOPOLITIQUE, #JURIDIQUE , Fiscal & Partenariats

La France n'est pas complice , mais a eu le tort de soutenir un gouvernement et d'essayer de sauver des vies , même maladroitement, pendant que les autres pays n'agissaient pas 

Avec Macron,les Historiens ne manquent pas de travail :

après l'Algerie, vient de sortir 1 Rapport  de plus de 1.000 pages, fruit de 2 années d'analyse des archives françaises, dressant un bilan sans concession , sur les événements au RWANDA en 1994 

La politique de la France au Rwanda entre 1990 et 1994, menée par un président ( MITTERAND )  et son entourage «aveuglés idéologiquement», a été une «faillite» et elle porte des responsabilités «accablantes» dans le génocide des Tutsi,

selon un rapport cinglant d'historiens remis ( 26.3.2021 ) à Emmanuel Macron.

..... REACTION OFFICIELLE AU RWANDA ( 26.3.2021 ) : Le Gouvernement du Rwanda salue le rapport de la Commission Duclert, qui représente un pas important vers une compréhension commune du rôle de la France dans le génocide contre les Tutsi. Un rapport d'enquête commissionné par le Gouvernement du Rwanda en 2017, dont les conclusions viendront compléter et enrichir celles de la Commission Duclert, sera publié dans les semaines à venir_
...............« La faillite de la France au Rwanda […] peut s’apparenter à une dernière défaite impériale d’autant plus grave qu’elle n’est ni formulée ni regardée », résument les commissaires dans la conclusion de ce rapport de 1 200 pages, qui vient d’être mis en ligne dans la soirée. Et de dresser l’inventaire des aveuglements et errements combinés qui conduisent Paris à se débattre, depuis 1994, face à une accusation vertigineuse de « complicité de génocide » : « La France conduit dès [octobre 1990] plusieurs politiques, qui se déploient parallèlement les unes aux autres et finissent par devenir contradictoires. L’impression est celle d’un enfermement des autorités françaises dans des logiques avec lesquelles la rupture s’avère difficile, même durant la crise génocidaire. »

Si ses conclusions semblent marquer une évolution notable dans l’analyse par la France de son rôle controversé au Rwanda au début des années 1990, la mission Duclert décline en revanche l’accusation, de nature juridique, qui plane de longue date sur l’action passée de Paris au Pays des mille collines.

« La France est-elle pour autant complice du génocide des Tutsi ?

Si l’on entend par là une volonté de s’associer à l’entreprise génocidaire, rien dans les archives consultées ne vient le démontrer », estiment les auteurs.

Mais ces derniers ne s’abstiennent pas pour autant d’exonérer la République française. Ils lui imputent en effet « des responsabilités accablantes ».

RWANDA ( 1994 - 2021 ) : que s'est il vraiment passé en 1994 ? Which Responsibilities’ over Rwanda Genocide ?
cliquer pour agrandir l'image ( 1994 )

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 Ce sont des décideurs «enfermés» dans une grille de lecture «ethniciste» post-coloniale et décidés à apporter, contre vents et marée,

un soutien quasi «inconditionnel» au régime «raciste, corrompu et violent» du président rwandais Juvénal Habyarimana,

face à une rébellion tutsi considérée comme téléguidée depuis l'Ouganda anglophone.

RWANDA ( 1994 - 2021 ) : que s'est il vraiment passé en 1994 ? Which Responsibilities’ over Rwanda Genocide ?
RWANDA ( 1994 - 2021 ) : que s'est il vraiment passé en 1994 ? Which Responsibilities’ over Rwanda Genocide ?

L'arrivée en 1993 d'un gouvernement de droite - la France entre en «cohabitation»- ne modifiera pas fondamentalement la donne, malgré des affrontements parfois «impitoyables» entre l'Elysée et le gouvernement du Premier ministre Edouard Balladur, beaucoup moins enclin à l'engagement français au Rwanda

RWANDA ( 1994 - 2021 ) : que s'est il vraiment passé en 1994 ? Which Responsibilities’ over Rwanda Genocide ?

Le génocide prend fin avec la victoire du FPR en juillet 1994.

Depuis, la France a entretenu des relations tendues, voire exécrables, avec le Rwanda, marquées par la rupture des relations diplomatiques en 2006.

- ....... POUR LA PERIODE 1897 - 1962 lire l'article

 

1962, 1er juillet : Proclamation de l'indépendance du Rwanda.

1963-1964 : Raids organisés par des exilés en Ouganda et au Burundi cherchant à pénétrer de force au Rwanda. Massacres de population tutsi en représailles. Entre 1961 et 1967, 20 000 Tutsi sont assassinés et 300 000 ont pris le chemin de l'exil.

1973 : La population tutsi est bannie de l'administration, des sociétés privées et de l'enseignement. Nouveaux soulèvements meurtriers. Le 5 juillet, le général Habyarimana organise un coup d'État et prend le pouvoir. Les membres de la Ire République sont exécutés.

1975 : Juvénal Habyarimana crée un parti unique, le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND).

1986 : Le MRND s'oppose au retour des réfugiés rwandais.

1987 : Création du Front patriotique rwandais (FPR) en Ouganda. Son objectif : le retour des réfugiés tutsi au Rwanda.

1990

juin : Discours de François Mitterrand à La Baule. En septembre le pape Jean Paul II en visite au Rwanda insiste sur les impératifs de démocratisation. A cette date, 600 000 Tutsi sont exilés.

1er octobre : le FPR pénètre au Rwanda : déclenchement de la guerre civile. Les troupes du FPR sont arrêtées par les FAR aidées par la France (opération Noroît) et la Belgique. Le FPR adopte la tactique de la guérilla.

1993

4 août : Négociations politiques et signature des accords d'Arusha. Ils prévoient le rapatriement des réfugiés et le retour du FPR dans le jeu politique. La Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda supervise l'opération.

1994

avril : Le 6, le président Habyarimana meurt dans un attentat. Le colonel Bagosora s'impose comme l'homme fort de la crise et l'organisateur du génocide. Les massacres débutent la nuit même. Du 9 au 15, rapatriement des expatriés français et belges. Le 21, alors que les massacres de civils font rage, l'ONU décide de réduire ses effectifs sur le terrain. En trois mois, plus de 800 000 personnes sont assassinées.

22 juin : La France déclenche l'opération Turquoise (opération humanitaire d'assistance aux civils avec recours autorisé à la force). La mission prend fin le 22 juillet et est relayée par la Minuar 2.

Juillet : Le FPR prend Kigali le 4. Le 18, cessez-le-feu et formation d'un nouveau gouvernement présidé par Pasteur Bizimungu le 19 juillet.

 

Alain Juppé comme Hubert Védrine, dont les responsabilités sont écartées, défendent une vision humanitaire de la France et du patriotisme gaullo-mitterrandien à l’heure où les Américains ne voulaient pas s’engager.

Les rapporteurs soulignent néanmoins la responsabilité de François Mitterrand et des militaires qui l’entouraient dans la politique menée au Rwanda entre 1990 et 1993.

Ils évoquant l’aveuglement français à l’égard du président Habyarimana, la poursuite de la coopération militaire avec un régime violent et souligne l’exfiltration du camp hutu au pouvoir.

« Toutes les accusations de la Commission sont contredites par le fait que la France a imposé les accords de paix d’Arusha ,entre l’Etat rwandais et le FPR de Paul Kagame afin de mettre un terme à la guerre civile,favorables à la communauté Tutsi », rétorque Hubert Védrine.

Ce rapport relate encore la mauvaise lecture des évènements par Paris, la faiblesse de l’analyse politique, la mise sur la touche de diplomates et militaires qui ont remis en cause à l’époque la politique française au Rwanda.

..................L’ancien ministre des Affaires étrangères a également repoussé l’explication du rapport selon laquelle les informations régulières provenant de militaires et diplomates sur place, faisant état d’un risque de génocide, avaient été ignorées à Paris. « Il n’y avait pas besoin d’avertissements pour savoir qu’il y avait un risque géant. C’était évident dès le début qu’il (allait) y avoir un durcissement atroce ». L’attitude des dirigeants français, qui continuent à livrer des armes au régime jugé « raciste » par le rapport, s’explique selon lui par leur volonté de répondre « aux attaques du FPR, qui massacre beaucoup de cadres Hutu ». « Il y a une course de vitesse et la réponse de la France, c’est de faire pression pour arriver à un compromis », qui débouche sur les accords d’Arusha, a-t-il plaidé...« Il y est notamment question de bâtir la nouvelle armée rwandaise, avec 40 % de Tutsi alors qu’ils représentaient 12 à 13 % de la population rwandaise », a souligné Hubert Védrine, pour qui « ce n’est pas un comportement d’ami aveugle ».

 

la Video qui suit est en français

dure 2.20 minutes 

et apporte un éclairage interessant sur certains

" préparatifs " 

                             👇

......... dans ses conclusions, le rapport souligne l'aveuglément des autorités françaises qui n'ont cessé de soutenir « l'ami hutu incarné par le président Habyarimana ». Un aveuglement qui les a conduites à considérer exclusivement comme « ennemi » le Front patriotique rwandais (FPR), qualifié par Paris « d'ougando-tutsi ». Une attitude qui s'explique par une « approche ethniciste » des autorités françaises et par la « relation forte, personnelle et directe » du président Mitterrand avec son homologue rwandais. La commission évoque même « une forme de sidération » comme « si agir face à un génocide n'entrait pas dans le champ des possibles ». L'opération Turquoise, organisée par la France avec le feu vert de l'ONU, a néanmoins permis de sauver des milliers de vies, reconnaît le rapport. Mais sur le front humanitaire, elle a eu lieu dans un contexte d'exode de plusieurs centaines de milliers de personnes.
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