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Knock on Wood

SPEAKERINE en 1962 ( série TV : 2018 )

1 Février 2021 , Rédigé par Ipsus Publié dans #Comme au CINEMA

Pour mesurer le chemin parcouru par les femmes des années 1960

L'action de "Speakerine" se déroule en 1962, à une époque où le mari était encore juridiquement le "chef de famille". Les femmes n'avaient alors ni le droit d'avoir leur propre compte en banque ni de travailler sans l'accord de leur mari. Elles n'ont obtenu ces droits qu'en 1965. 

Christine Beauval, speakerine vedette de la RTF,  cherche à s'affranchir de son image de "potiche" et à s'émanciper. 

 Elle confie néanmoins que Denise Fabre, célèbre speakerine, lui a glissé au creux de l'oreille durant la projection, "Il y a des moments où vous étiez en-deça de la réalité." 

1962, dans les studios de la RTF, la célèbre speakerine Christine Beauval, tantôt adulée, tantôt décriée, est persécutée depuis peu par un mystérieux inconnu.

Véritable icône du petit écran jusqu'alors protégée, symbole de l’évolution de la femme dans la société de l'époque, Christine doit faire face à une violence à laquelle elle n’était pas préparée.

Entre luttes, trahisons et jeux politiques, rien ne lui sera épargné dans ce monde de la télévision instrumentalisé par le pouvoir.

 C'est un fin portrait de femme, mais aussi celui d’une famille et d’une époque très rarement représentée à l’écran,tout en y ajoutant une nuance de thriller, sous fond de liaisons dangereuses entre le pouvoir et la télévision.

SPEAKERINE en 1962  ( série TV : 2018 )

 

Aux côtés de Marie Gillain et de Guillaume de Tonquédec , Grégory Fitoussi , dans le rôle du ministre de l’information ( Eric Jauffret ) ami des Beauval, qui entretient une liaison secrète avec leur fille Colette

SPEAKERINE en 1962  ( série TV : 2018 )

C’est à Marie Gillain qu’il revient de porter les brushings et tailleurs, toujours impeccables ou presque, de Christine Beauval, présentatrice de la Radio télévision française (RTF), société qui donnera vie à l’ORTF.

Une mère de famille progressiste - sorte de Catherine Langeais émancipée - dans un monde d’hommes.

Son mari, Pierre, ancien résistant, interprété par le toujours brillant Guillaume de Tonquédec, dirige l’information de la RTF. Ou plutôt l’administre, sous la haute surveillance du Général.

Nous sommes en 1962, au sortir des «événements» d’Algérie qui continuent de nourrir les rancœurs et de faire des ravages des deux côtés de la Méditerranée.

Les femmes ne se verront accorder que trois ans plus tard le droit d’avoir leur propre compte en banque et celui de travailler sans l’accord de leur mari.

 

S’enracinant dans la France du début des années 1960, autoritaire, corsetée, figée dans un machisme ordinaire, Speakerine bouillonne d’envies de faire sauter les carcans.

De désirs d’émancipation.

A commencer par ceux de Christine Beauval, qui, sans être animée d’une ambition démesurée, ni prête à oublier son rôle bien codifié d’épouse et de mère, ne consent plus à sacrifier sa carrière au profit de celle de son mari.

Fond politique       

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Il en va de même pour une nouvelle génération de journalistes, révoltés par la mainmise de l’Etat sur l’information télévisée – sans qu’ils soient pour autant « communistes », comme le pouvoir les qualifie.

Cela vaut pour la police judiciaire, certains s’y indignant (en silence et en secret) que leurs enquêtes puissent être téléguidées ou brusquement interrompues par le ministère de l’intérieur, au gré des intérêts de la classe dirigeante. Rares sont les séries françaises dont le fond politique est aussi présent, sans être pesant.

 cette série a presque valeur de témoignage de ce qui allait être mis en cause par le mouvement de Mai 68.

Leurs deux enfants, bien qu’encore mineurs, se montrent eux aussi tentés de prendre leur envol.

Colette, lycéenne, amoureuse d’un ami de la famille de quinze ans son aîné, rêve d’une vie de couple.

Son frère, Jean-Claude, étouffant dans le cocon familial et en butte à son gaulliste de père, cherche à comprendre les circonstances de la mort de ses deux amis, torturés et assassinés en Algérie – alors que sa mère a tout fait pour qu’il n’y parte pas.

La Beauval, comme on la surnomme, présente bien.

C’est un modèle pour beaucoup.

Mais la speakerine rêve de s’affranchir de son statut de femme tronc.

Elle veut sa propre émission. Une ambition qui signe le début des ennuis pour le personnage englué dans le vedettariat que porte avec beaucoup de justesse Marie Gillain.

Une héroïne, objet de grandes jalousies.

Au sein même des studios de la RTF, la vie de la présentatrice est menacée.

Derrière la caméra, sa jeune et redoutable rivale (Barbara Probst, petite-fille de la regrettée Gisèle Casadesus) guette sa chute.

La meilleure amie de leur fille, Colette, meurt dans d’étranges conditions.

Jean-Claude, le fils aîné, fricote dangereusement avec l’OAS.

SPEAKERINE en 1962  ( série TV : 2018 )

Speakerine et vedette du petit écran – une seule chaîne, en noir et blanc, diffuse quelque trois heures de programmes quotidiens –, Christine Beauval fait la couverture du magazine Jours de France, en ce mois de juillet 1962.

Mais à 42 ans, tout en aimant son métier, elle souhaite « faire autre chose que la plante verte », jouer un rôle autre que celui de « l’idiote de service », de « la potiche publique », pour reprendre ses termes. 

Depuis des mois, elle attend que le vieux crocodile à la tête de la Radiodiffusion télévision française (RTF) lui accorde le droit de monter son émission de télévision,« Portraits de femmes ».

 A travers ce personnage, c’est aussi toute une époque qui est retracée, la femme dans la société des années 1960 et le monde de la télé instrumentalisé par le pouvoir.

SPEAKERINE en 1962  ( série TV : 2018 )

Guillaume de Tonquédec, alias Pierre Beauval, est mandaté par le Général de Gaulle, pour gérer cette mondovision depuis le site de Pleumeur-Bodou. 

Les producteurs ont mis un point d’honneur à tourner cet épisode sur le lieu même où l’histoire vraie s’est déroulée

Avec l'OAS et la guerre d'Algérie en toile de fond, le polar prend des tours plus politiques selon que la caméra suit l'époux et directeur de l'information de la chaîne publique aux ordres du général de Gaulle ou plutôt le journaliste (joué par Grégory Fitoussi) 

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