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Knock on Wood

V pour Vendetta

7 Décembre 2020 , Rédigé par Ipsus Publié dans #Comme au CINEMA

 

V pour Vendetta est l'adapation

cinématographique ( 2006 ) de la bande dessinée homonyme écrite par Alan Moore et illustrée par David Lloyd, qui vit le jour en 1981 dans le mensuel indépendant Warrior.

Mais, celui-ci ayant fait faillite, la publication a été interrompue. Cinq ans plus tard, un roman graphique, avec le récit intégral, fut publié aux éditions DC

Les auteurs de la bande dessinée reconnaissent que leur objectif était de dénoncer la politique thatchérienne......Qu'en est il en 2020 ?

En 2020 ce film n'a pas pris une ride : Pourquoi ?

Parce qu'il se voit aux 1er & 2è degré

que l'ambiance pesante actuelle était déjà présente dans ce film,

moins violent qu'Orange Mécanique , mais dans l'air du temps de ce XXI é siècle 

Si le fascisme s’apparente à un virus (cf Contagion),

V pourrait en être l’antidote.

Il montre comment Sutler a utilisé la peur pour paralyser les foules, prendre le pouvoir et mieux asseoir sa domination totale.

Grâce à lui, nous comprenons comment nous pouvons travailler tous ensemble à la restauration de notre liberté.

V sommeille en chacun de nous.

V représente la confiance dans le peuple.

Il croit en l’élévation de ces masses que le fascisme essaie d’abrutir pour mieux les contrôler

Mais V a une méthode, un peu trop extrême, pour arriver à ses fins.

 

il est plutôt le terroriste qui sait divertir les foules.

La promesse d’une société meilleure, spectaculaire, faite de feux d’artifices et de bons moments, même si cela nécessite de détruire Big Ben.

On ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs.

 Il faut aller au bout de soi-même et dépasser la haine pour trouver sa vérité.

Malgré les menaces, Evey ne lâche pas.

Elle n’a pas peur de la mort qu’elle préfère à l’idée de trahir V.

Elle est libre pour toujours.

Le masque que porte le héros est tout simplement tombé dans la culture populaire, grâce au marketing du film et à son adoption sans réserve par les sympathisants du mouvement Anonymous. Ce dernier en a fait le symbole de l’indivisibilité et de la détermination vengeresse du peuple, face à ce qu’il identifie comme des puissances corrompues ou oppressantes.   https://www.netflix.com/fr/title/70039175

« Ce masque appartient à tout le monde, il est dans le domaine public : libre à chacun d’en faire ce qu’il veut », se félicite son concepteur, David Lloyd, ravi qu’il ait été repris par des mouvements contestataires.

V2

 "V pour Vendetta fonctionne à plusieurs niveaux

 On l'appréciera au premier degré pour son dynamisme,

mais on s'intéressera aussi aux questions qu'il soulève quant à notre relation au pouvoir et à la tyrannie.

Ce film évoque quantité de problèmes fascinants mais se garde bien de fournir des réponses toutes faites."

A propos de la complexité du personnage principal, James McTeigue note : "V est, d'un côté, un altruiste qui se croit capable d'amener de grandes réformes, et de l'autre, un tueur prêt à tout pour se venger de ses tortionnaires.

" Le comédien Hugo Weaving souligne pour sa part : "C'est un homme complexe et ambigu. Il a été emprisonné et soumis à d'atroces tortures physiques et mentales.

C'est un assassin en même temps qu'un vengeur, un homme cultivé qui croit profondément en la liberté individuelle et lutte sans relâche pour restaurer la dignité de son peuple

." Natalie Portman ajoute de son côté : "Dans ce film, V est davantage une idée qu'une personne.

On peut abattre un homme, mais pas un concept.

V incarne la vérité, la résistance et l'individualisme, une forme d'idéalisme politique étroitement mêlée à des pulsions vengeresses."

On peut remarquer des parallèles avec le roman 1984 de George Orwell à propos de la société dystopique et du pouvoir politique dépeints, mais aussi avec les romans Le Comte de Monte-Cristo, d'Alexandre Dumas ou Le Fantôme de l'opéra de Gaston Leroux, et la bande dessinée d'Edgar P. Jacobs, La Marque jaune de la série Blake et Mortimer concernant le personnage de V.

Vers 2038, après une guerre à peine évoquée et un mystérieux virus utilisé lors d’un terrible attentat biologique visant trois sites importants par leur symbolique (l’école primaire Sainte-Mary) ou le nombre de victimes en résultant (station de métro Victoria et une usine de traitement des eaux) ayant provoqué environ 100 000 décès,

l’Angleterre est dirigée par un parti fasciste après l’élection d’Adam Sutler qui, profitant du climat de peur affectant la population, a facilement institué un régime dictatorial à la tête duquel il s’est placé, s’auto-proclamant « Haut-chancelier d’Angleterre ».

Un couvre-feu, dont le respect est contrôlé par sa milice, « Le Doigt », a été instauré sur tout le pays ; les migrants, les « païens », les musulmans et tout ce qui pouvait s’y rattacher ont été bannis, les opposants au régime ou minorités, tels les homosexuels, pourchassés lors de la « Grande Purge ».

Les plus élémentaires libertés individuelles (la liberté d’expression en particulier) ont été abandonnées au nom de la sécurité nationale et de la lutte contre le terrorisme.

 

Les médias sont muselés et BTN, l’unique chaîne de télévision, est le principal instrument de propagande du parti.

La phrase d'accroche, qui mentionne la date du 5 novembre ( video ci-dessus )

"Remember, remember, the fifth of november" 

 "Rappelle-toi, rappelle-toi, le 5 novembre"

fait référence au 5 novembre 1605, date à laquelle un catholique du nom de Guy Fawkes et ses amis conspirateurs ont essayé de faire exploser le Parlement (alors que le roi James Ier se trouvait à l'intérieur) car ils étaient en désaccord avec la politique du Roi concernant les Protestants.

Mais le complot, appelé "Conspiration des Poudres" a été découvert. Ainsi, Guy Fawkes et ses amis ont été exécutés pour trahison.

A la suite de cette atteinte à la royauté, le 5 novembre est devenu une célébration en Angleterre consistant à brûler des représentations de Guy Fawkes tout en allumant des feux d'artifices. 

"Fawkes fut un des premiers anarchistes.

Il nous sembla une excellente source d'inspiration pour notre personnage", confie David Lloyd.

 

Natalie Portman s'est rasé la tête

pour les besoins du rôle

d'Evey Hammond

pendant une séquence de torture.

Lorsqu'elle est venue sur la Croisette en mai 2005

pour la présentation de Star wars : épisode III

 (soit à la fin du tournage de V pour Vendetta),

la jeune femme avait le crâne rasé.

A la fin du film, le spectateur assiste à l'explosion de plusieurs bâtiments fameux.

Des répliques en plâtre ont donc été construites au terme d'un long travail de recherche :

une maquette de près de 7 mètres de haut de l'Old Bailey, une réplique de Big Ben s'élevant à 10 mètres, et un Parlement de 10 x 15 mètres.

Lors de cette séquence finale, on voit aussi une foule immense défiler devant le Parlement.

Il aura fallu pas moins de 9 mois de négociations, impliquant 14 départements ministériels, pour que le régisseur d'extérieurs obtienne l'autorisation de boucler le périmètre trois nuits de suite, de minuit à 5 heures du matin.

Natalie Portman rapporte cette anecdote qui témoigne de la dimension très contemporaine de ce film de science-fiction : 

"Durant le tournage, James nous montra une coupure de presse avec la photo d'une bibliothèque privée, tout juste redécouverte en Irak.

Le gouvernement l'avait fait boucler, et on y retrouva des milliers de livres, empilés jusqu'au plafond, exactement comme dans le film.

Le parallèle était pour le moins troublant." V possède enfin une vaste bibliothèque, constituée d'ouvrages interdits par le redoutable Ministère de la Décence...

A propos de ce repaire fascinant et inquiétant, entre la crypte et le musée, le chef-décorateur raconte : "Je lui ai donné le contour d'un as de pique du centre duquel partiraient une série de couloirs menant à divers locaux : la bibliothèque, le salon, la cuisine, une salle de séjour et de projection. C'est le genre d'endroit qu'on pourrait trouver dans les sous-sols de la Cathédrale St. Paul ou de l'Abbaye de Westminster et qu'on aurait oublié quelques années après l'avoir muré." 

Alan Moore dresse un justicier vengeur devant une autorité toute-puissante.

La vengeance opère d’ailleurs à double titre :

elle est d’abord personnelle, tirée d’une expérience douloureuse dans un camp de concentration,

et ensuite sociétale,

« V » s’évertuant à rétablir par le chaos les bases d’une justice et d’une liberté vénérées mais confisquées par un État arbitraire.

La représentation de la dictature dans l’Angleterre fictive d’Alan Moore emprunte beaucoup à Ray Bradbury et à George Orwell.

La culture y est à ce point diminuée que le peuple s’abreuve sans sourciller à « La Voix du Destin », une émission censée exprimer les volontés d’une divinité robotisée.

Le Musée des Ombres de « V », un bunker tenu secret, tient lieu d’ultime réceptacle de créations artistiques censurées par le parti fasciste et depuis longtemps oubliées. 

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