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Knock on Wood

VACCINS , OGM , Europe #UK

8 Décembre 2020 , Rédigé par Ipsus Publié dans #Sciences & Techniques

dans la course au vaccin les  anglais on doublé tout le monde sur la dernière ligne droite avec l'aide de chercheurs d'origine turque vivant en Allemagne

L’Union européenne a adopté un règlement permettant d’accélérer le développement d’un vaccin efficace contre le Covid-19.

Celui-ci permet de faire l’impasse sur l’évaluation des risques environnementaux liés aux organismes génétiquement modifiés (OGM).

VACCINS , OGM , Europe #UK
VACCINS , OGM , Europe #UK
Parmi les technologies nouvelles contre le Covid-19 figurent les vaccins à ARN, qui utilisent une petite partie de l'information génétique du SARS-CoV-2. Cette technologie ne risque pas de modifier l'ADN des malades. Explications.
Ces dernières semaines, les annonces de résultats de vaccins contre le SARS-CoV-2, le virus responsable du Covid-19, se sont multipliées. Parmi les laboratoires pharmaceutiques ayant communiqué sur leurs avancées figurent Moderna et Pfizer. Les deux entreprises utilisent la même technologie, un vaccin à ARN. Il consiste à reproduire une petite portion de l'ARN du virus, c’est-à-dire un morceau inoffensif de son matériel génétique. Cette portion d'ARN permettra de créer des protéines spikes (les protéines grâce auxquelles le virus nous infecte) dans l'organisme du patient vacciné. En l'inoculant au patient, le vaccin fournit à l'organisme une sorte de mode d'emploi pour fabriquer des petits morceaux de virus inoffensifs, des sortes de cibles pour s'entraîner. Ainsi, lorsque l'organisme croisera le véritable virus par la suite, il saura se défendre contre lui. Le procédé est le même que pour les vaccins traditionnels, qui, eux, n'utilisent pas de morceau génétique mais une partie du virus lui-même ou un virus inactivé. De nombreux lecteurs se sont inquiétés de savoir si ces vaccins à ARN pouvaient modifier l'ADN des malades ayant été inoculés. Sciences et Avenir vous explique pourquoi cela est impossible.
ARN et ADN, quelle différence ? ARN et ADN fonctionnent de façon complémentaire pour "construire" notre corps, constitué en grande partie de protéines. L'ARN (acide ribonucléique) et l'ADN (acide désoxyribonucléique) ont tous deux pour but de fabriquer ces protéines. L'ADN est contenu dans le noyau des cellules. Il ne peut pas directement être traduit en protéines. Il est d'abord traduit en ARN, qui, lui, hors du noyau de la cellule, va pouvoir être traduit en protéine.
L'ARN, une molécule fragile bien séparée de l'ADN
"Impossible de modifier notre ADN en se faisant injecter un vaccin à ARN. Les molécules d'ARN restent dans le cytoplasme, un compartiment de la cellule qui se trouve entre la membrane et le noyau. C'est là qu'il fabrique ses protéines. L'ARN ne peut pas entrer dans le noyau, où seul l'ADN se trouve. Il n'y a pas d'interaction entre notre ADN et l'ARN de virus injecté", explique Bruno Pitard, chercheur du CNRS au Centre de cancérologie et d'immunologie Nantes-Angers, spécialisé dans les vaccins.
Ajouté à cela, l'ARN est détruit par l'organisme en peu de temps. "L'ARN est une molécule fragile et très instable. Elle survit dans l'organisme l'espace de quelques heures, voire de quelques jours maximum après avoir donné ses instructions." Au-delà, le système s'autodétruit. Un peu comme si on jetait un plan de construction de meuble une fois qu'il est construit. "Après la vaccination, les cellules qui expriment la protéine virale seront détruites pas le système immunitaire, peu importe où elles se trouvent, dans les poumons ou ailleurs."
Le SARS-CoV-2 ne modifie pas notre ADN
Le spécialiste rappelle que de nombreux vaccins fonctionnent sur ce principe et pourtant, "personne ne se demande si le vaccin contre la grippe [qui contient des fragments de virus, ndlr] ou contre l'hépatite B [basé sur un gène de l'hépatite B, ndlr] va modifier son ADN." De la même manière, si l'introduction de l'ARN du virus dans notre organisme pouvait modifier notre ADN, toutes les personnes contaminées par le SARS-CoV-2 et ayant contracté le Covid-19 seraient alors concernées. Or ce n'est pas le cas : le virus et son ARN sont bien présents dans l'organisme, sans avoir d'effet sur l'identité génétique des malades. "Les joueurs de football Neymar et Mbappé, tous deux ayant été touchés par le SARS-CoV-2, se sont-ils mis à courir plus vite ? Les cheveux du ministre de l'Économie Bruno Le Maire sont-ils devenus rouges ?", plaisante Bruno Pitard. De façon générale, si tous les virus qui nous traversent modifiaient notre ADN, nous serions pétris de modifications tout au long de notre vie. Or, ce n'est pas le cas pour les raisons biologiques expliquées plus haut.
Ce n'est pas la première fois qu'un vaccin à ARN est développé contre une nouvelle maladie. Cette technologie avait déjà été utilisée lors des épidémies d'Ebola et de Zika. Toutefois, le temps nécessaire pour mettre un vaccin au point n'avait pas été aussi compressé que pendant la crise du Covid-19. Les essais cliniques sur l'humain n'ont pas pu se tenir faute de malades disponibles.
VACCINS , OGM , Europe #UK
INTERVIEW - Stéphane Bancel, patron frenchy de Moderna, est l'un des premiers acteurs à franchir la ligne d'arrivée avec un vaccin anti-Covid, conçu en seulement 42 jours avec la technologie de rupture de l'ARNm. Le 24 novembre, Moderna a signé un nouvel accord d'achat, cette fois avec l'Europe, pour 160 millions de doses. Le PDG explique comment cette crise sanitaire va provoquer le big bang de la big pharma.   
ModeRNA, Comme RNA - l'ARN message en anglais. Cette technologie de rupture a permis de concevoir un vaccin prêt pour les essais cliniques en seulement 42 jours. Et d'être sur le marché dans les prochaines semaines - avant la fin décembre. Si tout se passe bien. Stéphane Bancel, 48 ans, transfuge de bioMérieux - et désormais milliardaire - dirige l'entreprise depuis 2011. Il se confie à Challenges.
Challenges: Votre vaccin affiche, comme celui de Pfizer-BioNTech, un taux d’efficacité de 95%. Qu’a-t-il de plus?
Stéphane Bancel: Au niveau clinique, le vaccin Moderna n’a à ce stade pas de cas de maladie sévère, ou de sujet avec la population âgée. Mais la vraie différence est au niveau logistique. Quand le vaccin de Pfizer requiert une température de conservation à -70 °C, le nôtre se conserve 30 jours dans un frigo classique, entre 2 et 8° degrés. Ou six mois à -20° degrés. C’est un gros atout commercial, car il existe déjà des produits pharmaceutiques approuvés à -20°, et des congélateurs adaptés chez les distributeurs. Il n’y a pas de chaîne de conservation à créer. Il y a aussi une différence lors de l’injection. Notre vaccin, vous le sortez du frigo et l’injectez directement, alors que celui de Pfizer a besoin d’une dilution. Une étape qui fait perdre du temps et introduit un risque d’erreur.
Quel est votre calendrier?
La phase III se terminera dans quelques jours quand nous aurons atteint l’étude de 151 cas. Nous déposerons alors nos demandes d’autorisation en urgence, en Europe, au Canada, aux Etats-Unis, au Japon… Nous devrions démarrer les vaccinations en Europe et aux Etats-Unis en décembre. On aura des flacons prêts à partir que nous avons produit aux Etats-Unis et en Suisse, avec notre partenaire Lonza, où nous avons bâti une usine. Les vaccins seront mis en flacon en Espagne chez notre partenaire Rovi. L’an prochain nous pourrons fournir entre 500 millions et un milliard de doses.
Aux Etats-Unis, le prix a été fixé à 25 dollars l’unité, à raison de deux doses par personne. Sera-t-il réservé aux pays riches?
Non pas du tout. On a la volonté en tant qu’entreprise qu’il soit disponible partout et avons déjà passé des contrats avec des pays industrialisés: Etats-Unis, Canada… L’Europe a signé il y a trois jours pour 160 millions de doses. Pour les pays plus pauvres, nous sommes en pourparlers avec la Covax, l’organisme crée pour assurer un accès mondial au vaccin. On a déjà fait une proposition avec des prix réduits pour les pays pauvres au regard de celui des pays industrialisés.
Vous auriez pu réussir sans l’aide financière des Américains?
Pas aussi vite. La Barda nous a donné un milliard de dollars pour la recherche et encore 1,5 milliard pour acheter et produire les vaccins. Le contribuable américain a offert les essais cliniques du vaccin Moderna à la planète. Il a permis aux acteurs de prendre énormément de risques business et financiers, sans faire de compromis sur la sécurité des vaccins.
En quoi l’ARNm, technologie de rupture, va-t-elle changer la donne pour l’industrie?
La Covid, c’est notre dixième vaccin à base d’ARNm – nous démarrons la phase III de l’anti-CMV, un virus qui touche les nourrissons infectés avant la naissance, et pour lequel il n’y a aucun vaccin. L’ARNm est une molécule d’information, et la matière première est la séquence du génome humain et du génome d’un virus. Si je fais le parallèle avec l’informatique, pour chaque produit on va utiliser le même "langage de codage", la même molécule chimique dont on change quelques "lettres ". C’est une révolution pour l’industrie qui passe du monde analogue au monde digital. L’ARNm nous a permis de concevoir un vaccin à tester en 42 jours. Elle promet une nouvelle classe de médicaments. Avec la biotech, on peut faire des médicaments avec un tiers des protéines connus de l’ADN humain ; pas avec les deux tiers restants. Avec l’ARNm on peut tout faire. Quand j’ai rejoint Moderna je pensais que nous n’avions que 5% de réussir, mais je savais que si ça marchait pour une molécule, ça marcherait pour des dizaines d’autres.
Et pour Moderna?
Le Covid a accéléré notre développement de 3 à 4 ans. Avant, le premier produit commercial aurait été notre vaccin CMV - dont on attend deux à cinq milliards de dollars de ventes par an. Maintenant, on peut accélérer nos projets de vaccins contre la grippe, qui avancent bien pour l’instant, notamment chez les personnes âgées. Il y a plein d’autres virus: 82 ont été découverts depuis 1980, dont le VIH pour lequel il n’y a toujours rien. On travaille aussi là-dessus.
Moderna, c’est la prochaine big pharma?
La prochaine big pharma sera une biotech. Amgen, aujourd’hui, c’est quelque 130 milliards de dollars de capitalisation! Maintenant, si vous me demandez si Moderna sera dix fois plus gros dans dix ans – voire plus gros qu’une big pharma comme Pfizer ou Sanofi aujourd’hui -, oui c’est totalement possible.
Vous auriez pu mener cette bataille en Europe?
Cela n’aurait pas été le même Moderna, mais une version plus humble. On aurait réussi en Europe car il y a des excellences scientifiques, un vivier de capital-risqueurs pour démarrer… mais pas le capital de croissance. Moderna a fait trois levées de fonds de 500 millions de dollars - infaisables en Europe. L’Europe a besoin de créer une agence comme la Barda, elle essaye et c’est une bonne initiative. Mais aussi d’assouplir la législation des Sicav. Outre-Atlantique, les mutual funds peuvent investir jusqu’à 5% de leurs actifs sous gestion dans des sociétés privées comme nous. Et ça, ça change tout.
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