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Knock on Wood

la Gestion des Risques et le Jour d'après

17 Avril 2020 , Rédigé par Ipsus Publié dans #Dans L'AIR DU TEMPS, #Sciences & Techniques

Comment en est-on arrivés là ? 

Ce qui suit essaye de s'appuyer sur des faits en évitant toute polémique à chaud .

il suffira d'attendre la future Commission d'Enquête parlementaire pour tirer un enseignement de cette triste époque pour éviter de rééditer la formule " Responsable mais pas coupable " 

Ce n'est donc que la partie visible de l'iceberg , déjà assez édifiante .

On a ajouté à la fin, d'autres articles récents de ce blog,pour élargir le débat et permettre de recouper ces informations où personne ne détient seul la Vérité .

Chacun pourra se faire son opinion en menant ses propres investigations 

Une vidéo virale de Bill Gates nous révèle sa « prophétie » sur la venue prochaine d’une pandémie à large spectre. Des observateurs rappellent que les rapports ouverts de la CIA sous le timbre du National Intelligence Council (NIC), avaient, dès 2008, mis en garde sur la même menace.

Face à cette lucidité étrangère, il nous faudrait en déduire, qu’une fois de plus, la France n’a rien vu. Or, le curieux, plongeant le nez dans les vieux grimoires, constatera – et peut-être est-ce là le drame – qu’il n’en est rien. Ce ne sont pas les capacités d’anticipation de la France qui sont en cause. Non seulement tout avait été prévu, mais tout avait été minutieusement organisé pour répondre à une pandémie.

Cinq fois dans son histoire récente, notre pays s’est livré à un exercice collectif sur l’analyse des dangers pesant sur notre pays avec les Livres blancs sur la Défense et la Sécurité nationale, rebaptisés Revue stratégique à partir de 2017.

Dès 1994, la notion de « risques naturels et technologiques majeurs » s’impose à l’action de l’Etat, tandis qu’à partir de 2008, les Livres blancs prennent en compte « propagation d’agents microbiens » en invoquant la résilience : « C’est en effet un devoir pour l’Etat de se préparer à répondre aux situations dans lesquelles pourraient être mis en cause la vie de la population ou le fonctionnement régulier de la vie économique, sociale ou institutionnelle du pays. Cela suppose une organisation des pouvoirs publics conçue dès le temps de paix pour prendre en compte les hypothèses du temps de crise. La résilience suppose aussi d’organiser la coopération entre l’Etat et les collectivités territoriales, pour la complémentarité des moyens, et entre l’Etat et les entreprises privées dans les secteurs stratégiques (énergie, communication, santé, alimentation). »

Précision clinique. En 2013 : « Le risque existe notamment d’une nouvelle pandémie hautement pathogène et à forte létalité résultant, par exemple, de l’émergence d’un nouveau virus » « La probabilité des risques d’origine naturelle, sanitaire (pandémie massive) est plus difficile à évaluer, mais leur impact peut être majeur. C’est pour l’Etat une obligation que d’y faire face. » « Notre aptitude à faire face aux crises majeures sera d’autant plus grande qu’il aura été possible de les anticiper, et, ainsi, de préparer la réponse à y apporter. »

La Revue stratégique de 2017, ajoutait : « L’accroissement de la mobilité de la population favorise l’extension des aires de diffusion de certaines maladies, ainsi que la propagation rapide et à grande échelle de virus à l’origine d’épidémies diverses. » « Le risque d’émergence d’un nouveau virus franchissant la barrière des espèces ou échappant à un laboratoire de confinement est réel. »

On constate ainsi que, dès 2008, la perspective d’un risque sanitaire majeur de type pandémique avait parfaitement été identifiée et des éléments de réponse proposés. Plus encore, entre 2002 et 2008, la France avait mis en place un efficace dispositif pour répondre au risque de terrorisme biologique de masse, tels que l’avaient fait redouter les attaques à l’anthrax aux Etats-Unis et l’apparition de l’épidémie de Sras. La force du système avait été de traiter dans un même ensemble terrorisme et pandémie. Un rapport d’information du Sénat décrit, dès 2003, cette problématique.

Le terrorisme biologique et chimique a fait l’objet de plans détaillés (Biotox, Piratox) ; la lutte contre les pandémies aussi : « le Plan national de prévention et de lutte pandémie grippale » produit par le SGDN en 2009. Ce document décrit avec une précision clinique tout ce que l’Etat, les infrastructures, les entreprises et la population en France et à l’étranger, doivent faire pour affronter efficacement une pandémie de grande ampleur.

Parmi les mesures majeures, le plan prévoyait « la constitution de stocks nationaux de produits de santé et de matériels de protection ». En 2011, le directeur général de la santé, Didier Houssin, écrit que, à partir de 2006, « dans le cadre de la préparation à une pandémie grippale, l’Etat a acquis et stocké 1 milliard de masques chirurgicaux et près de 700 millions de masques FFP2 ».

Premier constat : le politique déteste le temps long. Rien ne résiste longtemps à la pression du court terme. Autre terrible règle de la sociologie du pouvoir : « l’effet soufflé ». Face aux crises, l’Etat met en place des mesures et des moyens performants qui tiendront le temps que la crise retombe. Celle-ci passée, les priorités sont ailleurs. Le troisième est la recherche du « zéro stock ». Pour limiter les coûts, les ciseaux de Bercy vont couper ce qui n’est pas d’utilité immédiate. Cette logique se retrouve dans les domaines les plus divers, comme munitions ou la poudre pour les armées. On ajoutera la dilution de la responsabilité, la peur du ridicule, l’arrogance, la sous-estimation volontaire de la menace, les mensonges au chef et enfin, le pire, la peur de décider. Le tout menant impitoyablement au « trop peu, trop tard. »

Dix ans d’impéritie ont suffi à détruire un système éprouvé pour faire face à un risque largement anticipé. C’est aux morts que nous devrons rendre des comptes et à ceux que la crise aura ruinés. L’histoire jugera alors si l’Etat a failli à son impérieuse obligation de s’être préparé à faire face.

Jean-François Daguzan, est vice-président de l’Institut Choiseul. Il est l’ancien directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).

Comment expliquer que la France, qui consacre 11% de sa richesse nationale aux dépenses de santé, ne dispose pas d’un stock de masques suffisant en cas de pandémie?

Pourquoi ne pas avoir conservé le stock d’un milliard de masques constitué par la ministre Roselyne Bachelot en 2009?

Opacité sur l'évolution du stock de masques depuis 2017

Pourtant, concernant l’évolution précise du stock de masques depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, le mystère demeure. Quelques jours après l’intervention d’Olivier Véran dans l’Hémicycle, l’ex-ministre de la Santé, Marisol Touraine, a en effet riposté à la mise en cause de son successeur. Elle a affirmé que le stock d’Etat de masques s’élevait encore à 750 millions de masques en 2017, lorsqu’elle a quitté le ministère, soit cinq fois plus que le chiffre avancé par son successeur début 2020. "Je ne sais pas ce qui s’est passé depuis, confie-t-elle, mais je constate que personne au gouvernement n’a depuis contesté mes chiffres, c’est donc que le ministre a les mêmes que moi." Où sont passés les 600 millions de masques qui ont cruellement manqué à la France début 2020? Interrogé, le ministère de la Santé reste muet sur le sujet.

En fait, selon nos informations, en 2018, le ministère de la Santé a réclamé à l’agence Santé publique France un état des lieux du stock d’Etat de masques. L’agence constate alors qu’une large majorité des masques sont périmés et décide de recourir à une entreprise externe pour les tester et établir s’ils sont encore utilisables. Résultat, selon le diagnostic de la société, sur les 750 millions de masques en réserve, seule une centaine de millions sont jugés efficaces. L’agence Santé publique France fait remonter l’information en 2018 au ministère via une note adressée au directeur général de la Santé, Jérôme Salomon. "Mais cela n’avait pas conduit à reconstituer l’intégralité du stock, sans doute pour des raisons budgétaires", déplore un connaisseur du dossier.

Une recommandation de médecins d'un milliard de masques non suivie

Le 23 avril devant les députés, le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a en partie confirmé ce scénario. Répondant à une question du député UDI Jean-Christophe Lagarde, il a affirmé avoir "fait analyser" les stocks en 2018 et avoir passé "une commande de 100 millions de masques" cette même année. Il a ensuite évoqué un stock de 350 millions de masques "non conformes datant des années 2000" et un stock périmé de 2019 "pour des raisons d’élastique" et donc "utilisables" de 72 millions de masques.

Reste que le stock demeurait sous-dimensionné. En 2016, le ministère de la Santé avait en effet missionné l’agence Santé publique France pour réfléchir au niveau pertinent des stocks stratégiques face à une pandémie. L’agence avait formé un groupe de médecins, pharmaciens et experts pour éclairer le choix du gouvernement. L’avis de ces experts, publié en mai 2019, est limpide. "Les recommandations d’utilisation des masques n’ont pas à être modifiées, relevait-il. En cas de pandémie, le besoin en masques est d’une boîte de 50 masques par foyer, à raison de 20 millions de boîtes en cas d’atteinte de 30% de la population française." Une recommandation pour un stock d’un milliard de masques, donc, qui est restée lettre morte. Contacté le 17 avril, le ministère de la Santé n’avait pas répondu aux questions de Challenges le 23 avril.

La tradition gouvernementale du mensonge plus ou moins relatif, l’incapacité à répondre clairement à une question précise par peur de la panique ou d’avouer son ignorance, ce bouclier de la parole qui enfume plutôt qu’elle n’éclaire, ont réduit la capacité de conviction des appareils d’État.

Le confondant spectacle des messages sur le port du masque ou l’utilité des tests restera gravé dans les mémoires physiques et informatiques de la population.

Après des tests menés depuis la fin d’année dernière par des hackers déterminés et coordonnés, des opérations massives ont commencé début 2020 contre de nombreuses cibles privées ou publiques (notamment Bouygues Construction ou les services de Marseille Métropole).

Récemment, des attaques ciblées ont touché des institutions médicales, des hôpitaux en première ligne contre le Covid-19.

Erreur de débutant, nouveau test de solidité des défenses de sécurité, opération de « profiteurs de guerre » utilisant des technologies modernes ?

En tout état de cause, Interpol, Europol et la Global initiative against transnational organized crime ont sonné l’alarme sur ce qui est en train de se produire. Mais qui n’est rien au regard de ce qui se prépare.

Outre les effets criminels, la révolution qui s’amorce sur la gouvernance d’internet, l’apparition d’un nouveau monde mieux contrôlé par les Etats (New IP), défendu notamment par Huaweï et qui ne l’est pas seulement par la Chine et ses alliés naturels.

Souveraineté. La guerre d’internet continue pendant la crise épidémique. Non seulement sur la 5G, sur le traçage des individus, sur la neutralité du net, sur le contrôle des données, mais aussi sur la gouvernance de l’outil.

 La prochaine épreuve de souveraineté dépassera en ampleur celle des masques, des respirateurs ou des réactifs.

Nous sortirons de la crise sanitaire, à un prix humain hélas élevé mais en ayant sauvé l’essentiel et préservé la vie de nombreux citoyens, plus ou moins jeunes.

Nous allons entrer dans la crise cyber, ce monde dont notre niveau de dépendance croit exponentiellement et qui ne s’y est guère préparé. 

Dans l’urgence de la crise sanitaire, la mise en œuvre généralisée du télétravail pour des millions de salariés, d’indépendants et d’agents de l’administration était un défi particulièrement incertain.

Son improvisation a révélé que notre pays n’était pas préparé à ce mode d’organisation, tant les esprits étaient jusque-là restés frileux et les outils encore peu partagés.

 La France compte d’ailleurs de nombreux talents dans ces domaines d’innovation.

Aujourd’hui, le télétravail se présente comme un atout et un acquis.

Un atout, car il est un facteur décisif de la sortie de crise ; un acquis, car il est de nature à transformer notre modèle.

La réussite du déconfinement passe par la poursuite du télétravail : il doit être le principe pour toutes les activités qui ne nécessitent pas une présence physique indispensable.

A l’heure où le confinement offre à chacun le temps de s’interroger sur le sens des priorités, le télétravail permet d’établir un nouveau rapport entre vie professionnelle et personnelle.

Des heures de transports en moins, c’est un contrat gagnant-gagnant pour l’entreprise et le salarié.

Nouvel état d’esprit. Bien entendu les rendez-vous traditionnels seront toujours nécessaires, mais c’est tout un nouvel état d’esprit qui doit irriguer l’ensemble des forces vives parisiennes

L’enjeu est précisément d’établir de nouveaux rythmes urbains et de coordonner les flux de voyageurs.

Ainsi nous pourrons rendre la ville plus vivable et redonner du temps disponible aux citoyens.

La crise que nous traversons a révélé certaines de nos faiblesses par la pesanteur de la « bureaucratie » de notre pays.

L’urgence a également mis au jour l’extraordinaire capacité d’adaptation de nos concitoyens, partout dans nos territoires.

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