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Knock on Wood

la Banque Centrale Européenne , l'Euro et Christine Lagarde > 1er novembre 2019

2 Novembre 2019 , Rédigé par Ipsus Publié dans #EUROPE de l'Atlantique à l'Oural, #Finances -TAUX -Emprunts

Le 1er novembre, Mario Draghi, actuel président de la Banque centrale européenne (BCE), donnera les clés de l’institution monétaire à Christine Lagarde.

  Les critiques les plus sévères estiment que Mario Draghi a coincé Christine Lagarde et bridé ses moyens d'action pour une longue période.

D'autres diront qu'il la met à l'abri.

Le paquet de mesures est en place, le Conseil des gouverneurs aura donc toute latitude pour calibrer les différents outils.

La banque centrale est la « banque des banques » et est responsable de la politique monétaire au sein de la Zone où circule la monnaie que elle seule a le pouvoir d’émettre.

Toutes les banques centrales n’ont pas les mêmes priorités en terme d’emploi, de croissance et, surtout, d’inflation.

Par exemple, alors que la BCE n’a que pour seul objectif « officiel » (d’après le traité de Maastricht) de maintenir l’inflation proche de 2 % au sein de la Zone Euro,

la FED des États-Unis, elle, est explicitement chargée d’atteindre des objectif de croissance, de plein emploi et d’inflation.

À la fin du mois d’octobre, Mario Draghi laissera la présidence de la Banque centrale européenne (BCE) à Christine Lagarde, qui vient de quitter ses fonctions de directrice du Fonds monétaire international (FMI) à Washington pour rentrer en Europe.

Ce changement de présidence à la BCE, qui intervient à une période problématique pour l’ensemble de l’Union européenne (pas seulement pour la zone euro), ne laisse rien présager de bon à long terme pour cette Union (et dès lors pour l’économie suisse). Si Mario Draghi a été celui qui a sauvé la zone euro de sa propre autodestruction, lorsqu’il affirma (en juillet 2012) que la BCE aurait fait «tout ce qu’il faut pour préserver l’euro», afin que le secteur bancaire de la zone euro n’implose pas suite à sa propre crise systémique, il est vraisemblable que Christine Lagarde aura une approche de politique monétaire plus dogmatique et conservatrice.

A la Banque centrale européenne,
c’est désormais
«Règlements de comptes à OK Corral»

 la zizanie la plus complète et la révolte règnent à la BCE, où les dissensions ont éclaté au grand jour ! « La BCE a dépassé les bornes », « il n’était pas nécessaire de recourir à des mesures d’une telle portée »« avec la décision d’acheter encore plus d’emprunts d’État, il sera encore plus difficile pour la BCE de sortir de cette politique. Plus elle dure, plus les effets secondaires et les risques pour la stabilité financière augmentent », a déploré le très sage et compétent Jens Weidmann, président de la Bundesbank, dans le grand quotidien allemand Bild, visant sans le nommer « Draghi »

 le gouverneur néerlandais Klaas Knot n’a pas hésité à lancer un pavé dans la mare de l’univers feutré de la BCE, sous forme d’un communiqué : « Cette large panoplie de mesures est disproportionnée par rapport à la situation économique, et il existe de bonnes raisons de douter de son efficacité. »

Selon l’agence Bloomberg, « il s’agit d’un désaccord jamais vu dans le mandat de 8 ans de Draghi à propos d’une décision majeure de politique monétaire ».

Comme les autres grandes banques centrales, la BCE est confrontée au risque d’un ralentissement excessif de l’activité économique accompagné d’une inflation trop basse. Si ces risques, dont le premier a commencé à se matérialiser en Allemagne – où l’activité stagne mais où les salaires sont en forte croissance – venaient à se réaliser, la BCE devrait envisager d’aller plus loin que l’éventail de mesures annoncées le 12 septembre par Mario Draghi.
 
Rappelons-les brièvement :

  • une baisse du taux de dépôt pour les banques à -0,5 % (au lieu de -0,4 %), avec un système de paliers limitant l’impact de ce prélèvement pour les banques les plus riches en réserves ;
  • une reprise du programme d’achat d’actifs à hauteur de 20 milliards d’euros par mois à compter du 1er novembre ;
  • une nouvelle opération de refinancement des banques à long terme, à conditions très avantageuses, y compris la possibilité d’emprunter à taux négatif auprès de la BCE pour les banques actives dans le financement de l’économie ;
  • un changement des indications prospectives (forward guidance), qui, jusqu’à présent, étaient temporelles et seront dorénavant liées à l’objectif poursuivi, c’est-à-dire la remontée du taux d’inflation vers 2 %.

Dans ses réponses aux questions des parlementaires, Christine Lagarde a déjà pris position dans le débat, s’alignant sur l’exigence de symétrie avancée par Mario Draghi au Symposium de Sintra : mentionner explicitement que la BCE cherchera avec la même vigueur à faire remonter l’inflation lorsqu’elle est trop basse qu’à la faire baisser lorsqu’elle est trop élevée. Bien que ce soit implicite, insister sur la symétrie est une façon de dire que la cible devrait être fixée à 2 % sans autre forme de procès.

Malgré toutes ses précautions, elle s’est donc présentée comme décidée à assumer l’héritage de Mario Draghi, souvent considéré en Allemagne ou aux Pays-Bas comme une colombe inguérissable. Les différences sont apparues plutôt dans la façon de communiquer et dans ses thèmes non monétaires de prédilection.

Sur la communication, Christine Lagarde a voulu se présenter comme garante que la BCE serait la banque du peuple - disons des gens - qu’elle est supposée servir, et ressentie comme telle. Elle a indiqué vouloir écouter les syndicats, les associations de consommateurs, les ONG etc

Sur les thèmes extra-monétaires, l’ancienne directrice du FMI a beaucoup insisté sur les innovations qu’elle avait apportée dans cette institution, comme l’inclusion, l’accession des femmes aux responsabilités, l’accent mis sur les inégalités, ou encore le changement climatique, sujet sur lequel elle a fait un lien avec la politique monétaire, par le biais de la qualité des actifs détenus par la BCE,

Christine Lagarde a prouvé lors de la grande crise de 2008 et 2009 son intelligence globale de l’économie et des marchés financiers, acquise par ses années à la tête du cabinet d’avocats d’affaire Baker & McKenzie. Une fois au FMI, elle a montré son indépendance à propos de la Grèce

Enfin, elle a une autre carte dans sa manche : sa formation et sa pratique juridique lui donneront une autorité que n’avait pas nécessairement Mario Draghi sur les épineux sujets juridiques auxquels la BCE sera inévitablement confrontée dans la reprise de son programme d’achat de titres.

Lucrezia Reichlin est professeure d’économie à la London Business School, directrice non exécutive d'AGEAS Insurance Group et Eurobank Ergasias SA ainsi que présidente et cofondatrice de Now-Casting Economics Ltd, et administratrice de l’International Financial Reporting Standards Foundation.

Elle est en outre une contributrice régulière au quotidien italien Corriere della Sera ainsi qu’au Project Syndicate.

Lucrezia Reichlin est titulaire d’un doctorat en économie de la New York University. Elle a occupé de nombreux postes académiques. De 2005 à 2008, elle a été directrice générale de la recherche au sein de la Banque centrale européenne. De 2009 à avril 2018, elle a été directrice non exécutive du groupe bancaire Unicredit, et de 2013 à 2016, membre du conseil scientifique du think tank bruxellois Bruegel.

Elle contribue activement, et ce depuis des années, au Centre for Economic Policy Research de Londres. Elle y a été directrice de recherche de 2011 à 2013, puis la première présidente du Committee CEPR Euro Area Business Cycle Dating, cofondatrice du réseau Euro Area Business Cycle dont elle est aujourd’hui administratrice.

Elle est également membre de la Société d’économétrie, de la British Academy, de l’Association économique européenne et de l’Academia Europeae.

En 2016, elle a reçu le prix Birgit Grodal et le prix Isaac Kertenetzky.

Lucrezia Reichlin a publié de nombreux articles d’économétrie et de macroéconomie. Elle est une experte dans le domaine des prévisions, de l’analyse du cycle des échanges et de la politique monétaire. Elle a notamment innové en développant des méthodes économétriques permettant de lire en temps réel un flux de données sous l’angle d’un modèle économétrique formel. Ces méthodes sont désormais largement utilisées par les banques centrales et les investisseurs privés dans le monde.

Ses travaux ont paru dans la presse spécialisée telle que l’American Economic Review, la Review of Economic Studies, la Review of Economics and Statistics, le Journal of Econometrics, le Journal of Monetary Economics ou encore le Journal of the American Statistical Association.

https://www.college-de-france.fr/site/lucrezia-reichlin/index.htm

la Banque Centrale Européenne , l'Euro et Christine Lagarde > 1er novembre 2019
Patrick Artus (Natixis): «La crise ouverte à la Banque centrale européenne révèle le vice de fond de l’euro»

Vingt ans après la naissance de l’euro, nous ne remplissons pratiquement aucun des critères d’une zone monétaire optimale, souligne le directeur de la recherche de Natixis

 

la Banque Centrale Européenne , l'Euro et Christine Lagarde > 1er novembre 2019
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