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Knock on Wood

la Passante du Sans Souci

16 Septembre 2019 , Rédigé par Ipsus Publié dans #Comme au CINEMA

L’ultime rôle de Romy Schneider, qui incarne successivement, des années 1930 aux années 1980, deux femmes victimes du nazisme et de l'antisémitisme.

Un film bouleversant, adapté d'un roman de Joseph Kessel.

L'horreur se met en route

Nous sommes en 1935. Alors que la France va connaître les joies des premiers congés payés, le gouvernement social de Léon Blum, l'Allemagne se réarme tant et plus.
Hitler sait où il va et a déjà évalué la lâcheté des démocraties face à lui. Le colonel de Gaulle prêche dans le désert pour obtenir des divisions blindées, l'Angleterre se croit à l'abri sur son île, et l’Europe marche vers les accords de Munich.
Un homme passe tous les matins dans son bistrot habituel, le « Sans-Souci » à Montmartre. Chaque matin, à travers la vitre, il y voit une femme qui passe. Son allure est de moins en moins assurée et elle a l'air de plus en plus perdue. Elle se rend à la gare avec l'espoir que son mari, resté en Allemagne, va enfin débarquer du train, sauter sur le quai et courir dans ses bras…
Mais il est Juif et, là-bas, une énorme machine s'est déjà mise en route !…
Elsa va s’effondrer lentement et c'est un extraordinaire portrait de la détresse que Kessel va nous faire. Ce sera aussi le premier livre qui dénoncera ce qui se passe en Allemagne, qui dénoncera les camps.
Elle cherchera de l’aide, surtout qu'elle est seule avec son fils qui est infirme après avoir été torturé par les nazis. Mais que faire ?… Même pour des hommes de bonne volonté, que faire devant ces gigantesques rouages actionnés par des déments ?…
Et combien ne veulent surtout rien savoir… C'est confortable de ne rien savoir. Et puis il y a ceux qui sont plus concernés que d’autres, Juifs aussi, mais qui ne veulent pas croire parce que cette réalité dépasse l’entendement !…Elle serait insupportable pour eux !.
Un livre prémonitoire !

 

 

 

 

 

 

les retours en arriere compliquent un peu le suivi
mais c'est la restitution d'une epoque avec le bon dosage 

 

( ci-dessus video ) Rien que l'intolerance du début où même le petit garçon se fait rouer de coups dans la rue par les nazis
montre que ceux qui ont fermé les yeux à l'époque portent une lourde responsabilité de la suite

le film date de 1982 et le casting est excellent,dont Piccoli

il n y a pas de lien,mais dans le film Z de Kosta Gavras 
çà commence aussi par du matraquage ( de milices ),dans la rue 

le non traitement des INDICES annonciateurs 
est toujours d'actualité 
comme l'ISLAMISATION rampante ,qu'on a du mal à voir en face 

 

A chaque epoque quand les DEMOCRATIES sont faibles 
leur resistance est testée jusqu'au craquement 


Mais il est vrai que l'HISTOIRE est devenue le parent pauvre des programmes scolaires aseptisés 
 

Il est des films que l’on peut voir et revoir sans jamais éprouver la moindre lassitude. Mieux, ils parviennent toujours et encore à nous procurer cette émotion si particulière des grandes œuvres... La passante du sans-souci fait partie de cette catégorie.

Bien sûr, on peut le regarder en se disant, ému, que c’est la dernière apparition à l’écran de Romy Schneider avant sa disparition en 1982. Mais la force de ce long-métrage est ailleurs. Jacques Rouffio son réalisateur a su construire un récit solide qui tient bien au-delà de cet artifice tragique. L’histoire de la vengeance d’un enfant juif victime des nazis et qui, devenu adulte, va retrouver son tortionnaire d’antan pour le châtier.

Oeuvre universelle sur la mémoire et la possibilité pour certains de guérir ou pas des blessures d’hier, le film offre à Michel Piccoli et Gérard Klein des personnages eux aussi inoubliables...

la Passante du Sans Souci

Début 1980, Romy Schneider contacte Jacques Rouffio, le réalisateur de Sept morts sur ordonnance, et lui propose d’adapter au cinéma le roman de Joseph Kessel, La Passante du Sans-Souci, paru en 1936. Elle avait lu et adoré ce livre, il y a longtemps. Il ne l’avait jamais quittée.

C’est la première fois que la star est à l’origine d’un projet. Mais aussi du choix de son partenaire à l’écran, Michel Piccoli, qu’elle retrouve après Les Choses de la vie et Max et Les Ferrailleurs, de Claude Sautet.

Une genèse compliquée

L’actrice joue un double rôle dans ce drame, qui raconte les destins parallèles de deux femmes victimes du fascisme et de l’antisémitisme, à deux époques différentes : à Berlin en 1933 et à Paris en 1981. L'année 1981est justement, une “année noire” pour Romy. Après huit ans de bonheur, elle divorce de Daniel Biasini, le père de sa fille Sarah. Et à la veille du tournage de La Passante du Sans-Souci, qui avait déjà été reporté de trois mois à la suite d’une blessure que l'actrice s'était faite au pied, cette dernière se plaint de migraines et de violentes douleurs au dos. Elle souffre en réalité d’un début de cancer et doit subir une grave opération : l’ablation d’un rein. Les médecins exigent quatre mois de repos. Du coup, les compagnies d’assurance refusent de couvrir l’actrice. Les coproducteurs allemands songent même à la remplacer. Mais le pire reste à venir…

Un tournage extrêmement éprouvant

Le 5 juillet 1981, son fils David, âgé de 14 ans et demi, est victime d’un accident : en escaladant la grille du portail des parents de son beau-père à Saint-Germain-en-Laye, l’ange blond s’empale sur les piques et meurt dans la foulée. Dévastée par le chagrin, harcelée par les paparazzis, Romy fait preuve d’un énorme courage en terminant le tournage de La Passante du Sans-Souci. Sur le plateau, un acteur de 13 ans, Wendelin Werner, interprète son fils violoniste, Max. À son contact, l’actrice est sans cesse confrontée au souvenir de son propre enfant. La réalité et la fiction se confondent. Entre les prises, l’actrice va souvent se réfugier dans sa loge, en larmes. Ce film qui lui tient à cœur sort enfin le 14 avril 1982. Il est dédié “À David et son père”. Son fils, donc, et son premier mari, Harry Meyen, un ancien déporté juif allemand. Un mois et demi plus tard, Romy est retrouvée morte, à 43 ans, dans son appartement parisien, après avoir succombé à une surdose d’alcool et de médicaments. Les cruels coups du destin ont eu raison de cette femme épuisée par les épreuves.

Tout, dans ce film, ramène à la figure tragique de Romy Schneider : d’abord, parce que cette dernière imposa ce projet, adapté d’un roman de Joseph Kessel, pour exorciser le passé d’une mère qui fut l’amie intime d’Adolf Hitler.

L’actrice choisit son partenaire, Michel Piccoli, avec qui, évidemment, elle avait tourné sous la direction de Claude Sautet. Elle convainquit également le réalisateur Jacques Rouffio, alors connu pour ses films acerbes comme Le sucre. Ensuite, les terribles circonstances d’une vie déjà tumultueuse accablèrent la comédienne, en plein tournage : d’abord une opération consécutive à un début de cancer, puis la mort accidentelle de son fils David. Ce contexte très difficile parasite la réception du long métrage, en même temps qu’il charge d’une dimension crépusculaire la prestation de Romy Schneider, décédée quelques mois après la sortie de cette œuvre.

Dès sa première apparition, échevelée dans un aéroport où elle retrouve son amant Max Baumstein, Lina recherche une étreinte à laquelle on donne, selon une projection biographique, la dimension d’une consolation.

Cette ambiguîté n’abandonne jamais le spectateur et biaise la lecture des images : l’actrice, constamment épiée par les paparazzis, devient ici un objet de contemplation voyeuriste, par une collusion des événements, d’autant que certaines scènes n’arrangent rien, même si elles servent la construction du personnage d’Elsa, figure maternante et protectrice, qui sauve le jeune Max, roué de coups par des SA.

Le gros plan sur les yeux embués de Romy Schneider, lors d’une sérénade aux violons, est une métonymie entière du film, à telle enseigne que les rétrospectives en font le plus souvent un symbole prémonitoire.
En fait, il faudrait délier ce long métrage de son inscription fatale dans un parcours d’actrice, le ramener à la juste proportion de ce qu’il défend :

l’impossible oubli de ce qui s’est passé en Allemagne, à partir des années 30, et ressurgit dans la personne même d’un ambassadeur du Paraguay, ancien tortionnaire que Max assassine.

La rétrospection est là pour tout expliquer. Dommage qu’elle s’alourdisse d’une mise en scène aussi académique. L’émotion en est comme anesthésiée, alors que l’interprète principale se démène pour donner vie à une double identité, Elsa se prolongeant dans le personnage attentif de Lina. Mais pour Romy Schneider seule, on peut voir ou revoir ce film, en se souvenant de la formidable comédienne qu’elle fut.

 

Au Café après le Procès

où il est condamné à 5 ans avec sursis 

avec son paquet de " Gauloises" ,cigarettes symboliques de ces années d'après guerre...

 

 

Georges Delerue était incontestablement un compositeur éclectique qui œuvrait avec aisance dans tous les registres cinématographiques mais le domaine musical dans lequel il travailla le plus fut pour celui du film dramatique.

Dans un même domaine mais dans des contextes différents, Georges Delerue avait le don d’adapter la musique à un lieu, à une situation ou à la psychologie d’un personnage. Sa musique, souvent lyrique et belle, pouvait aussi être sombre et dérangeante mais que se soit dans un univers épique ou intimiste, le compositeur avait le pouvoir de nous transpercer le cœur par de magnifiques thèmes musicaux inoubliables, prenants et déchirants.

Fidèle à son style et à son inimitable écriture, Georges Delerue savait faire de chacune de ses créations une œuvre unique et intemporelle et chacun des ses thèmes en sont la preuve. « La passante du sans soucis » et « Garde à Vue », deux films particulièrement dramatiques liés à la psychologie des personnages et à une situation particulière ont permis à Georges Delerue de créer des œuvres radicalement différentes.

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