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Knock on Wood

Daesh en devenir : ISIS is a Survivor

20 Août 2019 , Rédigé par Ipsus Publié dans #GEOPOLITIQUE, #MENA Afrique du Nord M.- O.

 

Quel que soit le nom qu'on lui donne ( Isis,Daesh,Etat islamique ) ce nouvement peut avoir perdu ses bases territoriales,les Idées ont fait tache d'huile 

En fait, l’histoire regorge d’exemples de mouvements politiques et / ou religieux radicaux jouissant d’une brève mode, qui ont subi des revers pour une raison ou une autre, mais qui ont néanmoins traîné pendant des décennies

 La question s'est posée néanmoins de la rigueur terminologique de l’expression utilisée par Barack Obama dans sa déclaration présidentielle du 10 septembre 2014 et reprise, depuis, par la presse mondiale.

 
L’ « État islamique d’Irak et du Levant » est-il un État au sens du droit international ?

Un Etat se définit en droit par la réunion de trois critères que sont le territoire, la population et le gouvernement politiquement organisé exerçant son autorité sur l’un et l’autre. Le gouvernement incarne également la capacité de l’entité à entrer en relation avec les autres Etats. (Convention de Montevideo 1933).

La notion de frontière est fondamentale dans la matérialisation du territoire.

voir l'analyse Juridique infirmant cette notion d'Etat https://t.co/WmxL9SWsIA?amp=1

Daesh en devenir : ISIS is a Survivor
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Dans la pratique, l’organisation contrôle le territoire et les populations qui y vivent, réunissant ainsi les deux premiers critères juridiques susmentionnés.

Elle établit également un gouvernement, au travers de la figure d’Abou Bakr al-Baghdadi, devenu le Calife Ibrahim.

Ce dernier point soulève la problématique de la reconnaissance du gouvernement, troisième et dernier élément constitutif de l’Etat au sens juridique.

Or, le gouvernement du Calife Ibrahim n’est pas reconnu comme tel par les autres acteurs du système international mais comme une organisation terroriste (ONU, Ligue arabe, Conseil de l’Europe, Département d’Etat américain, …).

Considérant que les populations contrôlées sont soumises à un régime de terreur et qu’aucune élection n’a été légalement organisée, le soutien réel de la population – et donc l’existence d’un lien de nationalité tangible – tend à être remis en cause.

Cela est d’autant plus vrai que la communauté internationale musulmane s’est insurgée contre le message défendu par l’EIIL.

Considérant la maitrise effective du territoire et de la population, il ne fait aucun doute que l’EIIL détient l’autorité d’un gouvernement administratif et légal à l’échelle nationale.

Pour autant, c’est la légitimité de cette autorité et du monopôle de la violence – critère envisagé par le sociologue politique Max Weber pour définir l’Etat au sens de la Science politique – qui est questionnée.

Cette auto proclamation – qui n’a rien à voir avec les procédures à l’œuvre dans l’invocation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes – est ainsi rejetée par une large majorité de l’opinion internationale, y compris les rebelles syriens du front islamique et par les djihadistes du Front al-Nosra.

Ainsi, aucun processus unanime d’allégeance de la population à l’égard du gouvernement Ibrahim n’est aujourd’hui à l’œuvre. De facto, la communauté internationale ne reconnaît pas l’existence d’un Etat, mais l’usurpation du pouvoir par un organisme armé à vocation terroriste.

Si les bases d’un Etat institutionnalisé ont été jetées (organisation administrative interne, gouvernance effective, gestion financière, monopôle de la violence, etc.), il n’en demeure pas moins que les frontières de l’EIIL ne sont pas reconnues par l’ONU.

De même, rien ne permet à cette entité d’établir des documents à dimension internationale tels que les papiers d’identités de ses « ressortissants nationaux ».

Il n’existe donc aucun lien de nationalité entre les populations contrôlées et l’institution centrale.

En conclusion, au regard des éléments théoriques et pratiques envisagés, l’entité désignée par l’appellation « Etat islamique d’Irak et du Levant » ne peut être considérée comme un Etat au sens du droit international.

 Peut-on vraiment considérer qu'on en a terminé avec le groupe jihadiste ? ( 16.2.2019 )

Amélie M. Chelly : Non. Ce que l'on peut dire, c'est que l'on assiste à une nouvelle étape. Ce n'est pas la première fois que l'on considère que c'est terminé territorialement pour l'Etat islamique. Mais ce qu'on a pu observer jusqu'ici, c'est un basculement du califat territorial au califat mental. 

Cette propagande a intégré la perte territoriale à son discours. De nombreux aspirants à l'Etat islamique affirment que ces défaites sont des mises à l'épreuve de Dieu. 

Cela a eu des conséquences très visibles sur l'expression de la radicalisation des jeunes Français et des jeunes Belges, notamment, qui ont montré une volonté de massifier le terrorisme en France et en Belgique avec des petits moyens. Les attentats téléguidés à très grande échelle depuis l'Irak et la Syrie vont avoir tendance à disparaître.

ATTENTATS :  C'est la violence et la barbarie du désespoir. Quand un groupe dominant a réussi à asseoir son influence et sa domination, il brûle tout avant de partir. Ils commettent le maximum d'attentats possibles, car ils n'ont pas de stratégie de reconquête unifiée. Ils fonctionnent par petits groupes, mais sans stratégie de long terme.

Il faut rester d'autant plus vigilant que la tendance actuelle des personnes radicalisées va vers une multiplication des petits attentats artisanaux avec des petites attaques sporadiques et parsemées sur l'ensemble du territoire. Les attentats de grande ampleur étaient possibles à l'époque où l'EI était structuré

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