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Knock on Wood

La France des territoires, défis et promesses

1 Juin 2019 , Rédigé par Ipsus Publié dans #Réformes - Relance et Elections

À l’heure de la crise qui secoue notre pays, voici un livre provocateur.

Sans nier les profondes divergences au sein de la société française ni leurs racines ou implications terri­toriales, Pierre Veltz fait le pari de l’optimisme, celui d’une France qui proteste mais aussi invente, au cœur des territoires, des chemins nouveaux pour faire face aux grands défis qui nous sollicitent, et d’abord celui de la conversion écologique.

Il décrit le « tournant local » qui touche aussi bien notre économie que notre vie sociale, redéfinissant en creux l’agenda étatique, national et européen. Il ne plaide pas pour un retour régressif au territoire identitaire et fermé sur lui-même, mais au contraire pour une vision fluide et ouverte des interdépendances entre métropoles, villes moyennes et zones rurales. 

« Dans un territoire comme la France, où les infrastructures sont abondantes et les compétences largement réparties, aucun territoire n'est condamné.

Les histoires abondent de réussites entrepreneuriales extraordinaires (marchandes ou non) dans des sites a priori improbables. »

Car comme le rappelle Piere Veltz dans la plupart de ses ouvrages, « la compétition moderne ne se joue pas entre des firmes isolées, mais entre des tissus, des écosystèmes, des territoires ».

La convergence industrie-services-numérique

 

Dans la société hyper-industrielle actuelle, le fait majeur est la convergence entre industrie, services et numérique. L'industrie vend des usages, les services adoptent une logique industrielle, la connectivité est omniprésente.

Nous entrons dans une économie « anthropocentrée », dans laquelle les grands secteurs du futur sont « la santé et plus généralement le bien-être, l'alimentation, le divertissement, la mobilité, la sécurité, l'éducation ».

 

Ces activités peuvent se localiser à peu près partout, mais la fin de ce déterminisme géographique ne signifie pas qu'elles seraient indifférentes à leur ancrage local.

Désormais « ce qui fait la différence entre pays et régions, c'est la qualité de l'organisation, de la combinaison des ressources, dans la firme et dans son environnement ».

Les dynamiques territoriales sont devenues très ouvertes. 

 La contiguïté compte moins que la connectivité.

La sociologie historique et « les facteurs que les économistes ne savent pas mesurer » sont devenus les facteurs explicatifs majeurs. La qualité de vie, la sécurité et « la température du mois de janvier » sont des « ingrédients fondamentaux du développement ».

 Le « tournant local » auquel on assiste est consubstantiel d'un « virage qui est, au fond, de nature principalement culturelle ».

« Les impératifs écologiques prennent la place principale. Les idées de circuits courts, de sobriété, de circularité, sur fond de méfiance généralisée vis-à-vis de grand et du technocratique, s'étendent à tous les domaines.

La proximité devient une valeur en soi ».

La vague de re-localisation « tire sa force du fait qu'elle est en résonance avec les nouvelles valeurs dominantes dans une large partie de la jeunesse ».

S'il y a accroissement des inégalités, ce n'est pas entre les métropoles et les territoires périphériques, mais au sein même des territoires densément peuplés.

« Le scénario noir est celui de la ville en sablier, ne gardant que les plus riches et les plus pauvres ». En huit ans, la proportion de ménages pauvres a augmenté deux fois plus vite dans le Grand Paris qu'en moyenne française (hors DOM).

 « la coupure fondamentale concerne le rapport à l'avenir. "

. Il  termine par un appel à réformer nos institutions pour donner de véritables pouvoirs aux agglomérations et aux intercommunalités, « les communes gardant un rôle de proximité, appuyé sur l'immense force du bénévolat qu'elles représentent et reste une des trames essentielles de notre vie collective », immédiatement suivi par une mise en garde :

ne survalorisons pas la dimension politico-administrative pour la dynamique des territoires, « ce sont les forces et la créativité de la société dite "civile" qui portent et porteront de plus en plus, les transformations de notre monde »

https://www.cget.gouv.fr/sites/cget.gouv.fr/files/atoms/files/cr-rencontre_pierre-veltz.pdf 

( Pdf : 6 pages )

  Pour prolonger l'échange,
nous vous proposons de retrouver la synthèse
de l'ouvrage, le compte rendu de la rencontre
ainsi que la série d'interviews en vidéo.
 https://t.co/RNB0rcz5YQ

 S’il y a du leadership, un entrepreneur, un bon maire, un groupe de gens qui se sont retroussé les manches, cela change tout.

Les économistes n’aiment pas entendre ça, mais c’est la réalité. Avec leur esprit d’entreprise, la Vendée et la Savoie s’en sortent mieux que d’autres territoires où les gens ne savent pas travailler ensemble.

Comment s’assurer que les métropoles n’étouffent pas le reste du territoire ?

Il y a beaucoup de complémentarités possibles, et sous-valorisées, entre les métropoles et leurs territoires voisins. Il faut avoir une vision extensive. Quelque 27 % des actifs de la métropole de Lyon viennent de l’extérieur.

La métropole du futur, c’est la zone dense et l’arrière-pays. Nous avons eu cette discussion sur l’Ile-de-France.

Moi, je milite pour la métropole à l’échelle de la région, avec tous ses départements.

Il existe des boîtes formidables dans toute la France et on peut en créer partout.

Plus qu’un zonage, il faut renforcer le maillage de points d’expertise identifiés avec les pôles d’enseignement, des centres techniques...

C’est ce maillage de proximité qui fait la force de l’Allemagne.

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