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Knock on Wood

Augusta Ada Lovelace , pionnière de la science informatique.

28 Juillet 2018 , Rédigé par Ipsus Publié dans #Sciences & Techniques, #INFORMATIQUE -Web

Ada Lovelace, de son nom complet Augusta Ada King, comtesse de Lovelace, née Ada Byron le  à Londres et morte le  à Marylebone dans la même ville, est une pionnière de la science informatique. Elle est principalement connue pour avoir réalisé le premier programme informatique, lors de son travail sur un ancêtre de l'ordinateur : la machine analytique de Charles Babbage.

Dans ses notes, on trouve en effet le premier programme publié, destiné à être exécuté par une machine, ce qui fait considérer Ada Lovelace comme « le premier programmeur du monde ». Elle a également entrevu et décrit certaines possibilités offertes par les calculateurs universels, allant bien au-delà du calcul numérique et de ce qu'imaginaient Babbage et ses contemporains

Augusta Ada Lovelace ,  pionnière de la science informatique.

Augusta Ada Byron est de ces esprits qui ne se contentent pas de rêver de voler comme des oiseaux, mais tentent aussi de percer leur mystère. À 12 ans, la fille du poète anglais Lord Byron examine les ailes des volatiles, s’intéresse aux matériaux qui pourraient les imiter et rassemble ses recherches dans un traité dédié. Sa mère, Annabella Milbanke, goûte peu ces rêveries et pousse la jeune Ada à se consacrer aux sciences dures, en opposition à son père artiste, qu’elle ne connaîtra d’ailleurs jamais. La future Lady Lovelace saura réconcilier élans littéraires et mathématiques hérités de ses parents dans la vision singulière d’une « science poétique », qui contient les germes de ce que nous appelons aujourd’hui informatique et intelligence artificielle.  https://t.co/w6yPa1d7rI

Pour Ada Lovelace, tout se joue dès ses 17 ans, en 1833, au milieu des froissements de robe d’un salon de Londres. La jeune passionnée de sciences y rencontre Charles ­Babbage, mathématicien renommé et inventeur d’une calculatrice mécanique appelée « machine à ­différence ». Babbage ajoute à sa calculatrice de nombreuses fonctionnalités qui inspireront en fait l’ordinateur moderne, comme un clavier, une sorte de disque dur ou encore une imprimante.

Saisie par le potentiel de l’innovation, la jeune Ada va travailler à améliorer cette machine avec Babbage durant près de vingt ans. Elle pousse même l’idée du scientifique encore plus loin en se questionnant sur la possibilité de programmer de la musique, de la peinture ou de la poésie en faisant des calculateurs « des partenaires de l’imagination ».

« Cette enchanteresse des nombres a jeté son sort » 

Devenue épouse, mère et comtesse Lovelace, Lady Ada s’attache en 1842 à la traduction d’un article du scientifique italien Menabrea sur les machines à calculer. La version anglaise, richement annotée, est trois fois plus épaisse que l’original et contient les traces d’instructions permettant à une machine d’agir toute seule. C’est à Lady Lovelace que l’on doit la première formalisation d’un algorithme logiciel, et des travaux qui préfigurent l’informatique moderne et l’intelligence artificielle, dont les historiens ont montré l’importance pour les recherches d’Alan Turing. Des accomplissements intellectuels qui sont autant de victoires sur les troubles mentaux dont souffrait Ada Lovelace, oscillant entre exaltation et phases dépressives. Quelques lettres délirantes écrites sous l’emprise de la maladie ont d’ailleurs été utilisées pour diminuer l’importance de son travail.

Babbage était pourtant sans équivoque : « Cette enchanteresse des nombres a jeté son sort magique autour de la plus abstraite des sciences et l’a saisie avec une force que peu d’intellects masculins - dans notre pays au moins - auraient pu exercer. »

Christopher D. Hollings, historien des mathématiques à l’université d’Oxford, souligne les traits d’une « mathématicienne compétente et d’une apprenante tenace, avec un sens aigu du détail ». « L’histoire d’Ada Lovelace résonne parce que certains cherchent encore à discréditer ses réalisations, considère la journaliste Suw Charman-Anderson. Une chose que beaucoup de femmes travaillant dans la technologie ne connaissent que trop bien. »

Longtemps resté discret sur le rôle d’Ada Lovelace, le secteur de l’informatique multiplie les hommages à la contribution déterminante de cette pionnière. Le département de la Défense américain a nommé un langage de programmation « Ada » dans les années 1980, et le CNRS en a fait de même pour l’un de ses supercalculateurs. Hors des cercles d’experts, la figure d’Ada Lovelace s’est aussi imposée comme un modèle pour inspirer des apprenties scientifiques à suivre ses pas. Depuis 2009 est célébré chaque second mardi du mois d’octobre le « Ada Lovelace Day ».

Augusta Ada Lovelace ,  pionnière de la science informatique.
Augusta Ada Lovelace ,  pionnière de la science informatique.

La programmation semble un art du début du XXe siècle, mais ce n'est pas tout à fait vrai. Près d'un siècle avant qu'Alan Turing ne pose les bases de l'informatique moderne, une femme a écrit le premier algorithme de l'histoire, un programme si avancé que la technologie de l'époque ne pouvait pas y arriver. 

Cette femme a été nommée Augusta Ada King-Noel, comtesse de Lovelace, bien que le monde se souvienne d'elle comme Ada Lovelace, écrivain, mathématicien et le premier programmeur de l'histoire.

Intéressée par les mathématiques, la phrénologie et la physique depuis sa jeunesse, la carrière de Lovelace a radicalement changé lorsqu'elle s'est liée d'amitié avec le mathématicien et inventeur Charles Babbage, qui lui a présenté sa dernière création: la machine à différence. En substance, il s'agissait d'une calculatrice mécanique capable de totaliser des fonctions polynomiales.

En 1840, Babbage a été invité à l'Université de Turin pour donner une conférence sur son dernier modèle, un appareil appelé The Analytical Engine. Un jeune ingénieur italien nommé Luigi Menabrea a transcrit le séminaire en français et sa transcription s'est terminée à la Bibliothèque Universelle de Genève. Deux ans plus tard, un ami commun de Lovelace et Babbage a demandé au scientifique de traduire le document de l'inventeur en anglais.

Bien plus qu'une traduction

Le choix de Lovelace n'était pas décontracté. Il était l'un des rares mathématiciens capables de comprendre les œuvres de Babbage.Cependant, sa contribution va bien au-delà de la simple traduction. Ada a remarqué quelque chose dans la machine qui avait complètement passé à son créateur: il pourrait être programmé.

Lovelace enrichi le livre avec ses propres notes parmi lesquelles un diagramme complet qui décrit fondamentalement le premier algorithme de l'histoire et qui lui a valu le premier programmeur même quand il n'y avait pas de langages de programmation ou d'ordinateurs.

Babbage a déjà décrit certains de ses propres algorithmes, mais ils étaient essentiellement des formules. Aucun d'eux n'avait la complexité que Lovelace a conçue. Le mérite d'Ada Lovelace était de réaliser que la machine analytique pouvait être utilisée pour exprimer des entités ou des symboles selon des règles et pas seulement des nombres.

Une machine trop avancée

Il ne pourrait jamais voir en personne les résultats de sa contribution. La machine analytique de Babbage a été le premier ordinateur en termes de Turing. Il avait une unité logique arithmétique et même un système de mémoire intégré. En termes généraux, il partageait la même structure logique que les ordinateurs actuels. Cependant, il était si complexe que Babbage ne pouvait pas lever l'argent pour le faire. Le premier modèle complet de la machine à partir de ses notes et suivant les mêmes procédés de fabrication de l'époque n'est arrivé qu'en 1991 de la main des conservateurs du Musée de la Science de Londres.

Environ 100 ans après la création de Babbage, l'ingénieur allemand Konrad Zuse compléta le Z1, le premier ordinateur pouvant être considéré comme tel. Le livre avec la transcription faite par Lovelace avec ses notes, son algorithme et son nom sur la couverture vient d'être mis aux enchèrespour le chiffre astronomique de 125 000 $. 

Augusta Ada Lovelace ,  pionnière de la science informatique.
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