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Knock on Wood

TV et canal Sarkosy

17 Juin 2009 , Rédigé par Ipsus Publié dans #Comme au CINEMA

Ruquier : canal sarko de Gerschel et Saint Cricq 16/5/09 (Vidéo) 

Canal Sarkozy
. C'est le titre du livre écrit par deux journalistes du Parisien,

Renaud Saint-Cricq, qui s'occupe de la rubrique Médias,
et
Frédéric Gerschel, grand reporter au service politique

http://www.lepost.fr/article/2009/05/13/1534577_canal-sarkozy-les-guignols-c-est-l-emission-que-sarkozy-deteste-par-dessus-tout.html

Ils peignent le chef de l'État en "moins machiavélique qu'il n'y paraît", en éternel candidat soucieux de plaire et de convaincre, passionné par la télévision d'abord comme téléspectateur, puis comme tribun, fier de ses bonnes audiences.
Alors, bien sûr, on le voit toujours prêt à rendre des petits coups de main. Faut-il aider les frères Bogdanoff à retrouver une place ?
Il passe le petit coup de fil qu'il faut.
Idem concernant Patrick Sabatier, encore que ce dernier était déjà dans la tête des dirigeants de l'audiovisuel public.
 Au fond, ce livre qui aurait pu être dévastateur le rend assez sympathique.
En gros, Sarkozy "arrange les bidons", dépanne des amis de la télé, ne les oublie jamais quand ils sont dans le besoin...
Un brave homme, qu'on vous dit !

http://www.lepoint.fr/actualites-medias/2009-05-22/edition-canal-sarkozy-deux-ans-d-histoires-pas-si-secretes/1253/0/345861

Ils ont voulu faire le point sur les relations que peut avoir Sarkozy avec les médias, et particulièrement la télévision.

Sur Le Post, Renaud Saint-Cricq raconte les coulisses de l'enquête et livre quelques anecdotes.


Quand avez-vous décidé d'écrire ce livre?

"Après l'élection de Nicolas Sarkozy, avec Frédéric Gerschel, nous nous sommes rendus compte que quasiment tous les jours les médias parlaient de la relation de Nicolas Sarkozy avec la télévision.
Tout le monde discutait de ça: devant la machine à café, dans les repas de famille... La plupart des gens pensent que le président contrôle tout et connaît tout le monde.
On a voulu savoir si c'était un fantasme ou s'il y avait réellement une ingérence de Nicolas Sarkozy."

Combien de temps avez-vous enquêté?
"18 mois.
Nous avons interviewé une centaine de personnes et une cinquantaine d'entre elles ont bien voulu parler à visage découvert."

Les gens ont donc parlé facilement?
"Oui, d'ailleurs ça nous a étonné.
 Il n'y a qu'une dizaine de personnes qui ont refusé de nous parler, et les autres ont parlé en 'Off' ou en 'On'.
 Laurence Ferrari, David Pujadas, Patrick Sabatier ont par exemple accepté de nous parler.
Toutefois, tout le monde nous a ouvert les portes, mais pas forcément les placards!"

Vous vous êtes entretenu avec l'Elysée?
"Nous avons rencontré deux fois Franck Louvrier, (le responsable de la communication de l'Elysée) et nous nous sommes également entretenus avec des hommes politiques comme Alain Juppé ou Frédéric Lefebvre.
Notre enquête n'est ni à charge, ni à décharge."

Après ces deux ans d'enquête, comment définiriez-vous les relations de Nicolas Sarkozy avec les médias?
"C'est une grande relation d'amour, assez exclusive du côté de Nicolas Sarkozy.
Il a construit sa carrière sur la télévision, il connaît très bien son fonctionnement.
Quant à l'ingérence, c'est le côté très actif de Nicolas Sarkozy qui suscite cette ingérence.
 Je m'explique: il dit toujours 'il faut réformer ceci, il faut réformer cela, et il agit'.
Les animateurs l'ont bien compris:
ce sont eux qui vont voir Nicolas Sarkozy pour qu'il fasse évoluer les choses.
Au cours de notre enquête, nous avons notamment appris que certains d'entre eux allaient le voir le samedi matin pour lui parler, ou lui demander de l'aide.
Par exemple, Karl Zéro, ou encore Françoise Laborde...
 Ce sont des choses qu'on ne voyait pas du temps de Mitterrand ou de Chirac."

Comment expliquez-vous cela?
"Mitterrand et Chirac avaient un comportement plus discret et plus mesuré.
Nicolas Sarkozy est un enfant de la télé et a l'habitude de donner son avis sur tout, il n'y a pas de raison que la télévision échappe à ses commentaires.
Il a réussi à abolir les distances que les anciens présidents avaient avec les animateurs.
Il est chaleureux, il a recours très facilement au tutoiement, il est très tactile, tout cela induit des relations différentes.
 Par conséquent, il est vrai que parfois, Nicolas Sarkozy se comporte comme un directeur d'antenne!"

C'est-à-dire?
"Nicolas Sarkozy l'a dit lui-même:
 il 'n'est pas là pour regarder passer les trains!'
Quand il fait venir Patrice Duhamel à l'Elysée et qu'il lui demande de recevoir David Hallyday et son acolyte Cyril Viguier qui souhaitaient avoir un créneau pour une émission le samedi après-midi, il y a ingérence.
 Ou encore quand il demande qu'on donne plus de poids à Daniela Lumbroso... Nicolas Sarkozy est omniprésent."



Des choses vous-ont elles surpris au cours de votre enquête?
"Une chose nous a vraiment choqués: la brutalité des rapports de Nicolas Sarkozy avec France Télévisions, en particulier Patrice Duhamel et Patrick de Carolis.
Ils ont vraiment des entretiens très musclés."

Nicolas Sarkozy y est-il pour quelque chose dans le licenciement de PPDA?

"Nous avons appris qu'ils se connaissaient et qu'ils s'appréciaient. Mais il y avait un antagonisme d'ego.
Ça s'est mal passé à partir du moment où PPDA a dit que 'Nicolas Sarkozy avait l'air d'un petit garçon'.
 Mais nous n'avons pas la preuve formelle que cela a changé quelque chose dans les décisions de TF1
Il y avait une vraie volonté de changement de la part de Martin Bouygues qui estimait qu'il était temps de renouveler certaines personnes."

Nicolas Sarkozy a-t-il joué un rôle dans la venue de Laurence Ferrari?
"Là encore, nous n'avons pas de preuve formelle.
Mais plusieurs fois il a dit 'Laurence Ferrari au 20 heures, ça aurait de la gueule', il ne s'en cachait pas.
 Je pense qu'il éprouvait un sentiment d'admiration et il voulait également un rajeunissement des journalistes."

Dans votre livre, vous parlez des Guignols et du sentiment de Sarkozy à leur égard...
"C'est l'émission qu'il déteste le plus.
Il est dans une posture où il se demande 'pourquoi tant de haine'. Il ne s'est jamais remis de l'image de traître que les Guignols lui ont donné quand il a suivi Balladur.
Pour lui ce n'est pas de l'humour, c'est de la méchanceté.
Il ne perd jamais une occasion de s'en plaindre et dès qu'il le peut il s'en prend au patron de Canal, Rodolphe Belmer.
Parce que ce ne sont pas que les Guignols, Nicolas Sarkozy est réfractaire à l'humour de Canal + en général.
Groland n'est pas vraiment sarkozyste...
Quand Nicolas Sarkozy était encore Place Beauvau en 2006, il y a eu des tentatives de rapprochement de la part de Sarkozy qui a invité les Guignols pour un déjeuner mais ils ont décliné car ils refusent toute invitation des politiques."

Avez-vous subi des pressions lors de votre enquête?
"Aucune, de personne.
Nous avons enquêté en toute liberté."

(Source: LePost.fr)

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