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Knock on Wood

le sanglot de l'homme noir d'Alain Mabanckou

2 Novembre 2011 , Rédigé par Ipsus Publié dans #Dans L'AIR DU TEMPS

sanglot 
Après l'avoir vu en TV 
il vaut la lecture  http://bit.ly/xkpeox

  Je suis noir, et forcément ça se voit.
Du coup les Noirs que je croise à Paris m’appellent « mon frère ».

Le sommes nous vraiment?

Qu’ont en commun un Antillais, un Sénégalais, et un Noir né dans le Xème arrondissement, sinon la couleur à laquelle ils se plaignent d’être constamment réduits?
J’oublie évidemment la généalogie qu’ils se sont forgée, celle du malheur et de l’humiliation – traite négrière, colonisation, conditions de vie des immigrés...
Car par- delà la peau, ce qui les réunit, ce sont leurs sanglots.

Je ne conteste pas les souffrances qu’ont subies et que subissent encore les Noirs. Je conteste la tendance à ériger ces souffrances en signes d’identité.
Je suis né au Congo Brazzaville, j’ai étudié en France, j’enseigne désormais en Californie.

Je suis noir, muni d’un passe- port français et d’une carte verte.

Qui suis-je?  http://bit.ly/zXQNu9

 J’aurais bien du mal à le dire. Mais je refuse de me définir par les larmes et le ressentiment.
A.M.

Black Bazar :

 Le Blog d'Alain Mabanckou http://blackbazar.blogspot.com/

 

alain2 interview RFI : http://rfi.my/AhOljw

avec son inséparable casquette,dont il parle dans le livre

Video du : 6/1/2012 http://bit.ly/wzxjPX

  Photo-off.jpg

Loin de l’Europe et de l’Afrique, le romancier et essayiste français d’origine congolaise porte un regard sur la condition de l’homme noir en France.
Le titre ne manquera pas d’interpeller, d’énerver ou de conditionner le lecteur qui abordera ce texte.
Mais il est important de rappeler qu’il fait écho à un essai de Pascal Bruckner, le Sanglot de l’homme blanc où cet auteur s’insurge sur plusieurs décennies d’auto flagellation et de culpabilité européenne sur la question du Tiers Monde.
On sent dès le départ que si l’homme blanc pleure à chaudes larmes, l’homme noir n’est pas épargné, lui aussi à un gros chagrin.
 Il est dans l’ère du temps de pleurnicher sur nos angoisses respectives ou communes, c’est selon.
Mais on trouve également de ce titre, le premier élément d’une intertextualité dont Alain Mabanckou va prendre du plaisir à se servir pour glisser des références littéraires, renvoyant le lecteur à des œuvres explicitant le cheminement de sa pensée.
 
Dès l’introduction, la lettre adressée à son fils est une indication forte qui bien entendue fait penser à la lettre de James Baldwin à son neveu dans son célèbre essai La prochaine fois, le feu.
Ici, les mises en garde concernent le danger du conformisme, des postures victimaires sur lesquelles se fonderait une communauté noire de France.
La conclusion de cette note est intéressante et elle lance l'ouvrage :
 
« Je  t'ai adressé cette missive comme une sonnette d'alarme afin que tu ne tombes pas dans ce piège.
Tu es né ici, ton destin est ici, et tu ne devras pas le perdre de vue. »
Page 20, édition Fayard
Les différents chapitres permettent à Alain Mabanckou de développer avec des tonalités différentes, son point de vue sur de multiples aspects de son parcours individuel l’ayant conduit de Brazzaville, capitale congolaise, à Nantes ancien grand port du fameux commerce triangulaire avant de devenir par un étrange concours de circonstances le centre administratif des archives des français nés à l’étranger. 
 
Le romancier français parle du parcours singulier de celui qui fut un étudiant en droit à Nantes venu de l’Afrique équatoriale, puis consultant dans une grande boîte française tout en construisant en parallèle une œuvre littéraire à Paname avant d’enseigner les littératures francophones dans le Michigan puis en Californie à UCLA. 
 ..... lorsqu’il dit à propos de la Traite négrière : 

« Pourtant, il serait inexact d’affirmer que le Blanc capturait tout seul le Noir pour le réduire en esclavage.

 La responsabilité des Noirs dans la Traite négrière reste un tabou parmi les Africains, qui refusent d’ordinaire de se regarder dans le miroir.

 Toute personne qui rappelle cette vérité est aussitôt taxée de félonie, accusée de jouer le jeu de l’Occident en apportant une pierre à l’édifice de la négation. » Page 117, édition Fayard 

numilog-1.jpgLire un extrait
et acheter version numérique : http://bit.ly/wWnmcX
Au sujet de la francophonie

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