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Knock on Wood

de la fin de l'URSS à la RUSSIE moderne

4 Juillet 2012 , Rédigé par Ipsus Publié dans #EUROPE de l'Atlantique à l'Oural

2 livres et une Video,

pour comprende la RUSSIE moderne

et la fin de l'URSS  

rouge 0228livre 

http://0z.fr/DqVZ8

 

IFRI th visuellivretdlpetite

http://0z.fr/YI1yS ( video )

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Nouveaux éclairages sur la fin de l’URSS
Jean-Marie-Chauvier.jpgpar Jean-Marie Chauvier, juillet 2012 http://goo.gl/WCx6w

 

Si soudaine, la disparition du bloc socialiste et de l’URSS, il y a une vingtaine d’années, pose toujours question et nourrit les controverses en Russie. Andreï Gratchev, grâce à une enquête minutieuse (1), éclaire le « pari perdu » (avec un point d’interrogation) de l’artisan de la perestroïka qui voulait changer à la fois l’URSS et le monde. L’ancien conseiller de M. Mikhaïl Gorbatchev montre comment, pas à pas, le président de l’URSS fut amené à renoncer à la puissance d’un pays encore redouté en 1985. L’image de l’apprenti sorcier débordé par sa propre action n’est ici que partiellement retenue.

 

L’auteur s’insurge contre les théories qui attribuent à l’Occident le rôle essentiel. C’est de l’intérieur, du sommet de l’appareil, que sont venues selon lui les impulsions conduisant au démantèlement du système, car une grande partie des élites soviétiques désiraient sortir du communisme : c’est l’URSS qui décida de mettre fin à la guerre froide, de libérer de sa tutelle les Etats à « souveraineté limitée » d’Europe centrale et de réunifier l’Allemagne, même si M. Gorbatchev tenta vainement d’éviter son intégration à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN).

 

La clé de cette politique serait à rechercher dans le souci que M. Gorbatchev aurait eu de mettre fin à la course aux armements, où l’Union soviétique s’épuisait, et dans son désir de convaincre les Occidentaux de sa bonne volonté. Le chef du Kremlin aurait alors multiplié les premiers pas, menant de fait à un désarmement unilatéral. Les Etats-Unis purent ainsi se sentir autorisés à s’ériger en hyperpuissance candidate à la direction du monde. Le point de non-retour est atteint lorsque Moscou, allié de Washington en 1990 dans la décision (onusienne) d’engager la guerre contre l’Irak, tente néanmoins d’éviter la confrontation en envoyant à Bagdad une mission auprès de Saddam Hussein. Assumée par M. Evgueni Primakov, expert des questions arabes, celle-ci aurait été littéralement sabotée à Washington par le ministre... soviétique des affaires étrangères, M. Edouard Chevardnadze, favorable à l’option militaire.

 

L’ouvrage de Gratchev fourmille de détails révélateurs sur les conditions de la naissance du nouvel ordre mondial, assurément loin de la « nouvelle pensée » gorbatchévienne, qui prétendait assurer la « liberté de choix » pour tous les peuples, sans exception... Fut-il le prophète d’un âge d’or à venir, ou le Candide de Stavropol — sa ville natale ? L’auteur laisse ces questions ouvertes au débat. Son récit recoupe partiellement celui que propose M.Anatoli Tcherniaev (2). Cet ancien haut fonctionnaire du comité central (département international) livre dans son exceptionnel Journal, tenu de 1972 à 1991, un tableau saisissant de la dégradation des rapports entre le Parti communiste d’Union soviétique et les « partis frères » occidentaux, dont l’« eurocommunisme » aurait influencé les responsables soviétiques en principe chargés de le combattre. Conseiller de M. Gorbatchev de 1985 à 1991, M. Tcherniaev explique et défend son œuvre, sans en nier les échecs (3).

 

D’autres témoins se font nettement plus critiques : ainsi, M. Anatoli Gromyko, le fils du chef de la diplomatie soviétique (1957-1985) qui fit élire M. Gorbatchev en mars 1985 et semble l’avoir regretté, ou encore M. Valentin Faline, spécialiste de l’Allemagne, pour qui la réunification aurait pu être mieux négociée. Ces opinions hétérodoxes, émises en Russie, ne sont pas accessibles au public francophone. Elles soutiennent une version des événements qui n’a pas cours chez nous : celle d’une capitulation de l’URSS où se conjuguèrent les faiblesses de M. Gorbatchev et l’exploitation qu’en firent les dirigeants occidentaux, plus préoccupés de pousser l’avantage stratégique que de se convertir à ses conceptions généreuses.

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