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Knock on Wood

Kapo : un film de 1959 à revoir sans polémique

10 Août 2009 , Rédigé par Ipsus Publié dans #Comme au CINEMA

http://www.pointsdactu.org/article.php3?id_article=539


En 1959,
Gillo Pontecorvo réalise Kapo : le premier film de fiction sur les camps de concentration tourné en Europe de l’Ouest.
Gillo Pontecorvo est un communiste notoire, ex-journaliste, ancien assistant de Joris Ivens et d’Yves Allégret.
Il est également le réalisateur de la
Bataille d’Alger, Queimada et de nombreux documentaires.
Pour Kapo, il travaille sur le scénario avec
Franco Solinas, scénariste italien hautement politisé qui collabora entre autres avec Francesco Rosi, Roberto Rossellini, Joseph Losey, Costa-Gavras...
Leur but : réaliser une oeuvre dans la lignée de ce que Primo Levi fit avec
Si c’est un homme.

En 1961, lors de la sortie du film en France, Jacques Rivette, dans un article intitulé : "De l’abjection" (Les Cahiers du cinéma, n° 120, 1961) inflige une leçon de morale cinématographique au réalisateur italien : "l’homme qui décide, à ce moment, de faire un travelling avant pour recadrer le cadavre en contre-plongée, [...] cet homme n’a droit qu’au plus profond mépris".

En 1992, Serge Daney dans un article intitulé "Le travelling de Kapo" (Trafic n° 4, 1992), reprenant l’idée godardienne selon laquelle un travelling est affaire de morale, fait de l’article de Rivette un des fondements de sa pensée cinéphilique.

En 2006, Kapo sort en DVD : il n’était jamais sorti en VHS.

Regarder ce film aujourd’hui, c’est affronter deux maîtres de la critique, c’est essayer également de comprendre l’une des idées fondatrices de la cinéphilie à la française qui porte sur : "la modernité du cinéma, née du désastre des camps et fondée tant sur la fin de l’innocence de l’époque classique que sur l’exigence d’une certaine morale de la mise en scène" (Jacques Mandelbaum in : Le Monde, 4 août 2006). C’est nous permettre également de nous faire une idée sur cette récurrente question éthique de
la représentation de la Shoah au cinéma.

Regarder ce film qui est devenu une œuvre symbole, c’est aussi attendre ce fameux "recadrage artistique", qui est somme toute assez léger.
Et si certains films se réduisent à une réplique, Kapo semble ainsi se réduire à un seul plan...

Enfin, regarder ce film honni depuis tant de temps (en France), c’est constater qu’il pèche surtout par son improbable histoire d’amour, le réalisateur (et son scénariste) semblant hésiter entre mélo et réalisme documentaire.

Deux bonus inclus dans le DVD reviennent sur la "polémique" pour un essai de réhabilitation, avec un documentaire sur la réception du film en France, et une interview de Rony Brauman.
http://www.dvdclassik.com/Critiques/kapo-pontecorvo.htm

http://www.arkepix.com/kinok/DVD/PONTECORVO_Gillo/dvd_kapo.html
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One reason Stef and I picked Kapò was the controversy around Jacques Rivette’s accusation in Cahiers du cinéma that for a particular tracking shot Pontecorvo deserved “the most profound contempt.” The film, as Rivette indicates, is dominated by an already compromised conception of realism: grimed faces, make-up that hollows cheeks, somewhat ragged clothes, moderately shabby bunks. The shot shows the body of Theresa hurled against the electrified barbed wire, with the camera coasting slowly toward it. Her silhouette is almost classically composed, with the hands artfully pivoted and standing out against the sky. For Rivette this pictorial conceit is virtually obscene.

It seems to me that Rivette’s essay sought in part to reply to those who thought that Cahiers’ policy amounted to pure formalism. In calling for an ethics of technique, Rivette argues that artistic choices which might seem to be in the service of correct politics can betray a deeper immorality: using a historical cataclysm as an occasion for a safe realism and self-congratulatory flourishes. Similar complaints could be lodged against Kramer’s Judgment at Nuremberg and Stone’s World Trade Center. And because for the Cahiers team artistic cinema was an expression of a creator’s vision, the morally maladroit traveling shot brands the director as a man of bad faith.

Rivette isn’t saying that film artists shouldn’t try to represent historical trauma. He simply argues that other paths could be taken. For instance, Resnais’ Night and Fog and Hiroshima mon amour acknowledge that some events cannot be encompassed by normal understanding, and the form of each film enacts an effort to understand, not a fixed conclusion. What we see in Night and Fog is “a lucid consciousness, somewhat impersonal, that is unable to accept or understand or admit this phenomenon.” For Rivette, Pontecorvo seems convinced that romantic love and self-sacrifice can overcome Nazism, albeit with some help from the Red Army. He tries to explain, even prettify, an event that cannot be understood within the usual humanistic categories.


http://www.davidbordwell.net/blog/?p=5035
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Biographie de Gillo Pontecorvo:http://www.evene.fr/celebre/biographie/gillo-pontecorvo-24595.php

L'espace de quelques instants, Gillo Pontecorvo destine son talent à la chimie, puis change d'avis et voit dans le journalisme une possibilité de développer son sens de l'écriture et son esprit critique.
Mais voilà,
Pontecorvo est une girouette et quand Roberto Rossellini entre dans sa vie à travers le film 'Paisa', le jeune italien y voit comme un signe. Son destin est désormais entre les mains du 7e Art.
D'abord assistant réalisateur, il passe rapidement à la réalisation en commençant par le documentaire.
En 1955, la fiction devient sa priorité.

Il découvre
Yves Montand et le fait participer à son premier long métrage, 'La Grande Route bleue'.
Quelques années plus tard, il veut frapper fort les esprits.
Communiste, il se lance dans la réalisation d'un film sur un camp de concentration 'Kapo'.
 Une polémique s'engage entre les critiques qui parlent de génie ou d'
opportunisme.
 En 1966, après une petite éclipse, il revient avec '
La Bataille d'Alger'. Le réalisateur italien tient à représenter la vérité et l'histoire dans ses films qui servent ainsi de piqûre de rappel. Après les triomphes viennent les échecs, comme 'Queimada' en 1969 avec Marlo Brando en vedette.
Pontecorvo décide de rendre sa casquette et ne reprend la caméra que dix ans plus tard avec '
Opération ogre' pour rappeler ses opinions politiques et dénoncer le franquisme qu'il réprouve.
 Il se contente ensuite de tourner des documentaires ou de jouer dans les films des autres comme '
Stupids' de John Landis en 1996.

 film "Kapò"

Jean Paul Sartre sul set del film "Kapò" con il regista Gillo Pontecorvo, 1960

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