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Knock on Wood

les nouvelles criminalités

8 Mai 2008 , Rédigé par Ipsus Publié dans #JURIDIQUE , Fiscal & Partenariats

  Comment expliquer la puissance des mafias des pays de l’Est ?  
Sans vouloir faire de mauvais procès, il faut souligner le terrain propice aux activités criminelles dans ces pays, qui en l’espace de dix ans, ont connu tour à tour l’explosion du bloc soviétique et la mondialisation de l’économie.

Si l’on ajoute à cela des situations économiques catastrophiques dans ces mêmes pays, des implantations géographiques favorables, et une action conjointe du trium vira « oligarque voyous et services secrets », on comprend pourquoi l’opportunité d’exporter la criminalité organisée de ces pays vers la France, n’a jamais été aussi favorable.  

 Chaque pays à plus ou moins son domaine de compétence ?  
Oui. Je pense aux cartels Lituanien connus pour être les rois de la contrefaçon : leurs faux papiers et faux billets sont connus pour être les meilleurs d’Europe. Les gangs Bulgares eux, sont leader dans l’importation de prostitués : on en dénombre environ 700 en France. Les mafias Roumaines sont davantage spécialisées dans les cartes bleues. Et puis, les Bosniaques et les Croates sont portés sur les armes. Cela s’explique, car historiquement, ils ont accumulé des stocks d’armements impressionnants.  


Y a t il un pays au-dessus du lot ?  
Depuis quelques mois, ce sont les cartels Géorgien qui font de plus en plus parler d’eux. Difficile d’en expliquer la raison, mais le risque est pris au sérieux. D’ailleurs, les réunions entre les différentes polices et gendarmeries ne cessent de se multiplier. Traditionnellement, ils font plutôt dans le cambriolage, dans le trafic de voiture ou de tabac mais à très haut niveau, et surtout, de façon hyper organisée.  

Ce sont les nouveaux Corleone ?  
Pour un gangster, l’image est importante. Et souvent, le voyou colle à l’image que l’on attend de lui. Mais il est vrai que si vous vous baladez à Varna (Bulgarie), sur les bords de la mer Noire, il y a des convois de 4x4 noirs aux vitres fumées, des mecs bodybuildés avec le crâne rasé, les oreillettes et les Ray Ban qui vont bien…  

Quels sont leurs rapports avec le « milieu français » ?  
À mon avis, le tiercé gagnant des prochaines années est : les cités, les représentants de la criminalité internationale installée en France et une frange Corso Manouche, pour le milieu français.Ce qui manque aux cartels étrangers, c’est la maîtrise de la langue et du territoire. Je vois mal des gangs Bulgares installer des machines à sous sans parler français. Des liens commencent malgré tout à se faire, sur certaines affaires. Et puis, d’autres connexions se font : 300 détenus des pays de l’est sont emprisonnés en France. Ils sont au contact des voyous Français, et la suite, on peut la subodorer….  

Comment voyez-vous l’évolution du « milieu » français ?  
A mon avis, aujourd’hui, le milieu français, ce sont les cités. Le milieu classique est vieillissant : il a entre 40 et 70 ans, à part le trafic de stupéfiants, il n’a plus de travail, car il ne multiplie pas ces activités, dans l’immobilier par exemple. Il subsiste en France un distinguo entre le crime en col blanc et la délinquance de droit commun, que l’on ne retrouve pas en Italie pour ne citer qu’eux. En France, il y a l’affaire Elf d’un côté, et les braqueurs de fourgon de l’autre. Mais même les stupéfiants aujourd’hui,sont contrôlés par les cités.  

Existe t-il une hiérarchie au sein des cités ?  
Oui, car on fait référence à une notion de territoire. Il y a des caïds par zone géographique. Et encore une fois, ce sont les stupéfiants qui sont la principale activité, compte tenu de l’argent que le trafic rapporte. Aujourd’hui, le kilo de cocaïne se vend entre 35 et 40 000 euros. Si vous l’achetez en Espagne par 100 kilos, le kilo se facture 15 000 euros, revendu 40 000 euros en France. Deux kilos de cocaïne transportés par voiture font gagner 50 000 euros. Pour beaucoup, c’est tentant. Les voyous préfèrent cela, que de « monter » sur un fourgon avec 20 potes armés de lance-roquettes, et le risque de prendre 20 ans de prison si ça tourne mal.

Du travail d’orfèvre.
Il aura fallu trois années d’enquête au journaliste Jérôme PIerrat pour accoucher de ce qui se présente comme LA référence sociologique sur la criminalité internationale implantée en France. Au gré des 460 pages, l’auteur passe au crible les nombreux visages, méthodes et méfaits réalisés par les différents cartels. Enquêtes exclusives révélées, chiffres et témoignages inédits de magistrats et policiers, Jérôme Pierrat propose une étude dense, fouillée et riche qui ne laissera pas indifférents, lecteurs, policiers et …voyous

http://www.metrofrance.com/x/metro/2008/05/05/CVTAn23nXPBts/index.xml  

http://www.lgdj.fr/vient_de_paraitre/ouvrage224137/0/0/?aff_resume_entier=1&_Sess=6945b698e4b123111cff44b37139cd90

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Pour prolonger la reflexion :

Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie
7, rue Saint Georges
75009 Paris
Tel : 01 44 63 20 50

e-mail :
webmestre@mildt.premier-ministre.gouv.fr

http://www.drogue.gouv.fr/

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Existe-t-il une mafia parisienne ? Qui contrôle le milieu parisien ?

Jérôme Pierrat, auteur de "Gangs de Paris", a répondu à vos questions ( 2007 )

 

http://www.linternaute.com/paris/magazine/chat/07/jerome-pierrat/jerome-pierrat.shtml

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·                                 Le Figaro Magazine - Quelle est la nouvelle carte de la grande criminalité française ?

Jérôme Pierrat - Pour l'essentiel, la carte des hauts lieux criminels correspond à celle de la densité de population. Ce sont les centres urbains et leurs agglomérations. Les banlieues les plus «malfrates» sont à chercher en Ile-de-France, qui regroupe près de 50% des cités, mais aussi dans le Nord-Pas-de-Calais (Tourcoing, Roubaix, la banlieue lilloise), Rhône-Alpes (banlieue lyonnaise, grenobloise et stéphanoise) ou encore la Côte d'Azur, avec Nice et Marseille. Mais, phénomène nouveau, cette nouvelle criminalité se diffuse jusque dans les plus profondes provinces françaises. A Angers, par exemple, naissent des équipes de trafiquants de stupéfiants.

 

http://www.lefigaro.fr/magazine/20060428.MAG000000372_la_montee_en_violence_des_mafias_de_banlieue.html

 

·                                 Que font les services de police spécialisés pour lutter contre l'émergence de la mafia dans les cités ?

Pendant longtemps, ils ont considéré les criminels de banlieue comme des petits lascars sans grand intérêt. En fait, ils ne les ont pas vus arriver. Or, aujourd'hui, ils sont au premier plan, impliqués dans des affaires de grande criminalité. Les policiers des services spécialisés vont devoir s'adapter, car les mafieux de banlieue n'ont pas le même mode de vie ni le même mode de pensée que les anciens du milieu. On est aujourd'hui à un tournant de la criminalité française. Ainsi, le nerf de la guerre pour la police judiciaire, c'est le recueil d'informations sur le terrain. Le recrutement de «tontons» (informateurs) dans ces milieux-là sera déterminant... L'infiltration dans les cités est extrêmement difficile. A mon avis, le nouvel enjeu de la PJ des années 2000, ce sera de comprendre ces nouvelles mafias et de s'adapter à ces nouvelles générations qui sont de plus en plus violentes. Sans limites.

La Mafia des cités. Economie souterraine et crime organisé dans les banlieues, éditions Denoë

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le «bizness» des banlieues :

L'arme choc contre les trafiquants de drogue incapables de justifier leurs ressources : la confiscation de leurs biens et de ceux de leurs proches.

 

http://www.challenges.fr/france/20070920.CHAP1020415/la_vrit_sur_le_abiznessa_des_banlieues.html

 

Depuis la loi de 1996 réprimant la non-justification de ressources, dite loi NRE, ce n'est plus à l'Etat de démontrer le caractère illicite des revenus des personnes impliquées dans le trafic de drogue, c'est à celles-ci de prouver la légalité de leur fortune. Si ce n'est pas possible, les biens sont impitoyablement confisqués

Pour favoriser l'application de cette loi, l'Etat a créé en mai 2002 les Groupes d'intervention régionaux (Gir). Sur un territoire donné (région ou département), chaque Gir forme une task force d'une vingtaine de fonctionnaires, policiers, gendarmes, agents du fisc, de l'Urssaf, des douanes ou de la répression des fraudes, leur association facilitant l'identification et la confiscation des biens d'origine douteuse. Pour les assister, en octobre 2005, a été créée la Plate-forme d'identification des avoirs criminels (Piac), sorte de groupe d'intervention national qui offre aux 30 Gir locaux une assistance policière et juridique.

 

«Taper au portefeuille, cela fait mal, bien plus qu'une incarcération, résume le commissaire Philippe Salagnac, coordinateur adjoint des Gir. Avant, celui qui se faisait arrêter avec 50 kilos de shit faisait huit à dix ans, mais, comme il avait de l'argent, il vivait bien en prison, où il pouvait acheter sa tranquillité. Quand il sortait, il retrouvait ses contacts et recommençait aussitôt son business. Aujourd'hui, il ne peut plus cantiner en prison (améliorer l'ordinaire), et il sait qu'à la sortie il devra repartir de zéro.»
Du coup, même les caïds ne ricanent plus. «On en a vu piquer des crises de nerfs dans le bureau du magistrat ou se rouler par terre en garde à vue», assure le commissaire Christophe Perez-Baquey, chef de l'Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).

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INTERVIEW Journaliste et écrivain, Jérôme Pierrat décrypte l’influence de la principale bande de la pègre japonaise, responsable de la mort du maire de Nagasaki

 

http://www.lefigaro.fr/international/20070418.WWW000000384__les_yakusa_la_seule_mafia_au_monde_a_avoir_pignon_sur_rue_.html

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Interview de Jérôme Pierrat, auteur de Gangs de Paris

 

http://www.20minutes.fr/article/181685/Paris-Dans-les-cites-les-voyous-sont-a-95-dans-les-stups.php

Les histoires de banditisme sont souvent racontées des années après les faits. On traite rarement d'affaires en cours. Mais effectivement, il y a une culture du banditisme et du milieu qui s'est un peu perdue de nos jours, parce que les « acteurs » d'aujourd'hui sont moins folkloriques. La disparition du banditisme né dans les années 1970 marque la fin du milieu traditionnel à la française, et a laissé la place à une autre culture, celle des banlieues, peut-être un peu plus froide. Les voyous des cités ont compris qu'il valait mieux éviter de se montrer dans des bistrots où il y a 1.000 ans de prison au comptoir et 50 photographes de la brigade de recherche et d'intervention (BRI) en face. Encore faut-il relativiser tout cela, car les années 1970 avaient été marquées par l'explosion d'une violence inouïe, et on disait déjà que le milieu traditionnel était mort. On regrettait les années 1950, les costumes croisés et les tractions avant. C'était toujours mieux avant...

Malgré tout, on a le sentiment qu'aujourd'hui, on monte moins de gros coups que dans les années 1980-1990...

C'est la société qui a évolué. Le hold-up était très pratiqué dans les années 1970 et 1980, mais aujourd'hui on est arrivé à de tels niveaux de sécurité dans les banques, les fourgons sont telle­ment blindés, que cela devient très compliqué. Un bra­quage nécessite beaucoup d'apprentissage, une équipe nombreuse, des explosifs, et en plus c'est très ri­squé. Il y a bien eu quelques attaques de fourgons au début des années 2000, mais c'était le fait d'une cinquantaine de personnes qui ont quasiment toutes été arrêtées. Les imitateurs qui restent ne réussissent jamais. Dans les ci­tés, les délinquants sont à 95 % dans les stups, car il n'y a rien de plus rentable. Ça a com­men­cé avec le shit il y a quinze ans, et maintenant c'est la coke. Un kilo de coke acheté en Espagne vaut 15.000 euros, et il est revendu 37.000 euros à Paris.

C'est donc la drogue qui a changé la donne ?

Complètement. C'est ce qui a fait «monter» les gens des cités. Jusque dans les années 1980, ils n'étaient que de simples revendeurs, le dernier maillon de la chaîne. A un moment ils se sont dit : «Pourquoi continuer à faire les revendeurs pour ces balourds qui nous vendent les produits trois fois leur prix, alors qu'il existe deux supermarchés à ciel ouvert, la Costa del Sol et Amsterdam, et que 80% de la came pas­se par la banlieue?» Dans un premier temps ils manquaient de logistique, alors ils volaient une bagnole, la chargeaient, et revenaient vite dans leur cité. C'est ce qu'on appelait le «go fast». En parallèle le phénomène des armes s'est répandu. Cela a été nécessaire pour faire régner l'ordre et calmer les envieux. Ils ont ainsi grandi en indépendant, et les voyous du milieu traditionnel sont obligés de passer par eux. Au début, on ricanait devant eux, aujour­d'hui certains se déplacent au Ve­nezuela, en Colombie, pour s'asseoir à la table des cartels.

Le phénomène de bandes, dont on reparle depuis quelques jours, a-t-il un lien avec cette criminalité ?

Il ne faut pas confondre délinquance de groupe et crime organisé. On n'est pas dans la même dimension. Quand vous avez cinquante mômes qui se battent devant tout le monde à la gare du Nord, si c'était pour le contrôle d'un trafic, ce serait très maladroit. Il s'agit essentiellement de petits délinquants. A titre de comparaison, depuis cinq mois à Stains (Seine-Saint-De­nis), il y a une série de règlements de comptes. On en est déjà à cinq morts. Là il y a du business, car l'enjeu c'est l'approvisionnement de l'héroïne sur les cités de Sevran, Epinay, Pierrefitte et Stains, qui est ensuite redistribuée sur l'ensemble de la France. Eux, vous ne les verrez pas se battre à la gare du Nord

 

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